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Appels à communications

La discrétion partisane. Tactiques et stratégies d’ancrage et de ré-ancrage politique

15 février 2021

Dans le cadre de journées d’études organisées les 10 et 11 juin 2021 à Science Po Lille, un appel à communications est lancé sur le thème « La discrétion partisane. Tactiques et stratégies d’ancrage et de ré-ancrage politique ».

Date limite de soumission : 15 février 2021

Thématique
La discrétion a toujours fait partie de la panoplie des entreprises partisanes. Qu’elle soit sociale, idéologique ou institutionnelle, la discrétion semble contribuer à l’ancrage social des partis politiques, favoriser leur légitimation ou contourner la méfiance dont ils peuvent faire l’objet. Elle a peut-être pris ces dernières années, en Europe occidentale, à la faveur d’un niveau de discrédit des partis rarement atteint, une actualité particulière, comme en témoigne la dénomination des entreprises politiques récentes comme « mouvements », ou par des labels sans connotation idéologique (Podemos, En Marche, Cinque Stelle, La France insoumise...). Ce colloque cherchera à interroger l’historicité de ces formes de discrétion, la façon dont elles sont façonnées par le contexte politique, social et institutionnel dans lequel elles s’insèrent.
La notion de discrétion partisane vise à interroger le « clair-obscur », les ambiguïtés, routinières ou émergentes, et les nuances entre la clandestinité absolue et les mobilisations publiques des partis au grand jour : dissimulation, évitement, euphémisation, entrisme, affichage sélectif... Les nécessités de la conquête du pouvoir, du rassemblement majoritaire ou de l’ancrage social appellent un recours d’intensité et de forme variable à la publicité et à la publicisation dans le déroulement des activités et dans le déploiement des stratégies partisanes.
Proches du « registre de la politique officieuse », les formes discrètes de mobilisations partisanes ne se limitent cependant pas à l’échange particulariste entre une offre de biens politiques (Offerlé, 1989) et des demandes de votes ou de soutiens sociaux ou économiques, qu’il prenne la forme du clientélisme ou de la corruption (Briquet, 1995). Entrisme, contribution active au développement de mouvements de protestation sociale, comme celle du PS à SOS racisme dans les années 1980 (Juhem, 1998), cooptation de représentants de groupes d’intérêt (comme celle d’un ancien président du syndicat agricole CNJA à la tête du parti Les Républicains), soutiens ou subventions accordées à des groupements proches, sollicitation de financements de leur part, euphémisation du programme ou occultation du label... la gamme des stratégies discrètes grâce auxquelles les partis tissent, nationalement et localement, des liens collusifs avec les différents secteurs de la société est vaste. Elle mérite un examen détaillé, non pas seulement pour comprendre comment elles se sont transformées, mais également comment elles sont apparues et se sont inégalement diffusées selon les sociétés et selon les partis.
Si ces pratiques peuvent parfois relever de la « politique informelle », de « la politique sans en avoir l’air » (Le Gall et al., 2012), elles s’en démarquent en effet la plupart du temps par le fait qu’elles relèvent de répertoires bien balisés, variables d’un système politique à l’autre et d’un parti à l’autre, dans lesquels les acteurs puisent pour développer leurs stratégies et leurs tactiques.
Lire l’appel complet

Modalités de soumission
Les propositions de communication peuvent émaner de toutes les sciences sociales du politique (science politique, sociologie, histoire, anthropologie, etc.). Ce colloque, organisé en partenariat avec la revue Politix, réunira des travaux de sciences sociales de préférence ancrés empiriquement, relatifs à différentes situations historiques, contextes nationaux ou locaux, et conjonctures routinières ou critiques. Toutes les approches méthodologiques et théoriques sont les bienvenues, les échanges permettront d’éprouver relationnellement les techniques d’enquête sur ces questions.
Les propositions résumées de communication, d’un maximum de 5 000 signes, présenteront dans l’ordre :
- 1) les coordonnées personnelles et l’insertion institutionnelle,
- 2) le titre ainsi que l’axe dans lequel la communication pourrait s’inscrire,
- 3) la problématique retenue,
- 4) le terrain d’enquête, le matériau utilisé pour la démonstration,
- 5) la méthodologie mobilisée.

Adresse d’envoi des propositions
dplille@googlegroups.com

Calendrier
- Date limite d’envoi des propositions résumées de communication : 15 février 2021.
- Réponse des organisateurs : 25 février 2021.
- Envoi du texte complet de la communication : 15 mai 2021
- Le Colloque se déroulera à l’IEP de Lille les 10-11 juin 2021


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