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Appels à contributions

Émulations, revue de sciences sociales, « Paniques morales »

1er septembre 2020

Pour son 39e numéro, à paraître en octobre 2021 sous la direction de Céline Mavrot, Cédric Passard et Grégoire Lits, la revue Émulations, revue de sciences sociales lance un appel à contributions sur le thème : « Paniques morales ».

Date limite de soumission des propositions : 15 juin 2020

Thématique
L’expression de « paniques morale » est aujourd’hui largement banalisée non seulement dans l’espace des sciences sociales et humaines, mais aussi et peut-être encore davantage dans l’espace médiatique, ce qui ne manque pas d’ironie pour une notion mettant originellement l’accent sur les effets d’emballement voire de distorsion des faits induits par les médias. C’est depuis la parution de l’ouvrage de Stanley Cohen FolkDevils and Moral Panic : The Creation of the Mods and Rockers en 1972 que le concept de « panique morale » a connu une longue carrière dans le champ académique, même si Cohen n’est pas lui-même l’inventeur de la formule. Il y montrait dans une perspective interactionniste comment des bagarres entre jeunes dans une petite station balnéaire anglaise en 1964 avaient été largement amplifiées par la presse et avaient finalement conduit à un renforcement du contrôle social. De fait, selon Cohen, la panique est moins liée aux bagarres en tant que telles qu’à la manière dont sont perçus ces jeunes éloignés des normes et des valeurs des générations plus âgées. Ces jeunes Mods et Rockers apparaissent comme immoraux, ce qui les érige en figures repoussoirs voire en boucs-émissaires (folk devils). C’est en ce sens que la panique prend une dimension axiologique. À partir de là, Cohen proposait un modèle séquentiel d’analyse de la panique morale, largement repris et discuté depuis lors.
Dans ce contexte, ce numéro propose d’interroger l’intérêt et les limites du concept sous l’angle (1) de son historicité et de sa valeur heuristique, (2) des occurrences et de la dynamique interne des paniques morales, ainsi que (3) de leurs effets. Une des composantes frappantes des phénomènes de panique morale a été identifiée dans la force de leur récurrence, des mouvements très similaires pouvant régulièrement voir le jour sur certaines thématiques données, telle que la délinquance juvénile. L’amnésie générale qui frappe la société à cet égard commande d’aborder les paniques morales sous l’angle historique (Mucchielli, 2008). Les analyses en termes de paniques morales ont pour intérêt de mettre en évidence les différentes moralités (institutionnelles, professionnelles, religieuses ou de sens commun) en compétition autour du cadrage d’un phénomène social et les luttes de pouvoir qui en découlent (Massé, 2016), permettant de sociologiser les dynamiques de la construction discursive dans l’espace public. Enfin, la question des paniques morales soulève également celles des « croisades morales ». Ces dernières ont ceci de particulier que contrairement à d’autres types de mobilisations sociales, elles « ne visent pas seulement à la défense des valeurs éthiques ou normes de comportement qui les caractérisent socialement ou culturellement, mais aussi, et surtout, à imposer celles-ci à l’ensemble de la population » (Mathieu, 2005 : 6). Au vu de cette prétention à l’universalité, la question de l’efficacité sociale des croisades (ou des paniques) morales et de leurs effets se pose avec une acuité particulière.

Ce numéro se propose d’explorer l’actualité théorique de la notion de panique morale, près de cinquante ans après son apparition. Il entend dégager des pistes de recherche novatrices et des prolongements possibles en lien avec des problématiques de recherche contemporaines, au-delà des figures classiques des études sur les paniques morales. On se demandera si la diversité des cas d’étude rangés sous la catégorie de panique morale permet d’identifier des modèles communs d’analyse ou si elle ne révèle finalement que le succès d’un « concept-mou ». La notion de panique morale peut-elle nous permettre d’ouvrir la « boîte noire de la réception des discours alarmistes » (Chaumont, 2012b) et de mieux saisir leurs conséquences ? Au-delà des études de cas sur lesquelles elles pourraient s’appuyer, les contributions proposant un apport aux débats théoriques en cours sur les paniques morales seront particulièrement prises en considération. Des analyses sur les thématiques susceptibles d’être l’objet de paniques morales portant sur toute période historique et toute aire géographique sont les bienvenues. À titre indicatif, les contributions pourront s’inscrire dans l’un des trois axes suivants.

- 1. Retour historique, critique et théorique sur le concept de panique morale
- 2. Objets et dynamiques des paniques morales
- 3. Effets et usages des paniques morales

Les contributions articulant différents aspects de ces trois axes sont également les bienvenues.

Modalités de soumission des propositions
Les propositions d’articles, d’un maximum de 1000 mots peuvent être envoyées jusqu’au 1er septembre 2020 à Céline Mavrot, Cédric Passard et Grégoire Lits.

Les auteur·e·s sont prié·e·s d’indiquer un titre, 5 mots-clés ainsi qu’une courte notice biographique indiquant leur discipline et leur rattachement institutionnel. Merci d’indiquer la mention « AAC Paniques morales » dans le titre de l’e-mail lors de l’envoi de la proposition.
Les consignes rédactionnelles de la revue Émulations sont téléchargeable à cette adresse.
Émulations est une revue de sciences sociales qui publie et édite quatre numéros thématiques par an, publiés en version papier par les Presses universitaires de Louvain (Belgique) et mis en ligne en libre accès sur son site internet.

Voir l’appel complet.


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