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Appels à contributions

Recherches sociologiques et anthropologiques, « Vieillir dans l’art. Les trajectoires des artistes « modestes » à l’épreuve du temps »

1er février 2018

La revue Recherches sociologiques et anthropologiques lance un appel à contributions sur le thème « Vieillir dans l’art. Les trajectoires des artistes « modestes » à l’épreuve du temps ».

Date limite de proposition : 1er février 2018

Thématique

Au cours des dernières décennies, les personnes qui aspirent à être reconnues comme artistes et/ou à vivre de leur pratique artistique de manière professionnelle, ont largement augmenté. Cette aspiration n’a été freinée ni par le faible taux de succès des artistes aussi bien à vivre de leur art qu’à être reconnu-e-s au sein de leur « monde de l’art », ni par la multiplication objective des difficultés d’emploi et de travail expérimentées au fil du temps – forte précarité, faibles rémunérations, grande disponibilité temporelle, flexibilité permanente notamment.

Depuis une vingtaine d’années, se sont multipliées les enquêtes empiriques rendant compte aussi bien des périlleuses conditions de vie des artistes dans les sociétés contemporaines que des conditions subjectives justifiant un tel engagement dans les différents mondes de l’art.

Deux constats sont ainsi partagés par la recherche sur le sujet.
D’une part, passé l’âge de 35-40 ans, seule une petite minorité d’artistes se voit reconnue pour son expression artistique par le public, par les pairs et par les critiques d’art, au-delà d’un cercle restreint de proximité et à dimension locale. L’essentiel des artistes prétendant faire oeuvre d’art et n’ayant pas abandonné en cours de route – cas très fréquent comme l’a par exemple prouvé Philippe Coulangeon dans son enquête quantitative sur l’ensemble des musicien-ne-s français-e-s – soit exercent dans la pluriactivité, soit détiennent un emploi « alimentaire » et mènent « double vie » tout en acceptant de faibles niveaux de reconnaissance artistique, souvent limitée à un cercle restreint de proches – ami-e-s, voisin-e-s, intermédiaires locaux – et définie par un espace géographique spécifique – une ville ou une région par exemple.
D’autre part, le registre de la « vocation » sous-tend l’engagement de ces artistes aux premiers temps de la trajectoire, et ce dans les différents arts. Cet appel fait à la « vocation » est souvent allié à un engagement subjectif porté par une forte passion pour la création artistique.

Cependant, ces mêmes travaux donnent peu à voir tou-te-s ces artistes qui, passé 35-40 ans, continuent à créer, à faire oeuvre d’art, alors même qu’ils et elles ne sont guère reconnu-e-s comme artistes en dehors d’un cercle restreint ainsi que des conditions d’acceptation alors mises en place par ces dernier-e-s pour justifier une telle démarche. Quelques études évoquent certes la douloureuse et nécessaire « reconversion » expérimentée par certain-e-s artistes solistes après 35 ans en musique classique ou en danse classique. On sait encore que, passé la quarantaine, la plupart des artistes plasticien-ne-s ou des musicien-ne-s de jazz encore actifs/ves ne sont guère reconnu-e-s comme artistes en dehors d’un cercle restreint. Mais de fait, peu est connu de ce que ces artistes, pas ou peu reconnu-e-s, expérimentent effectivement passé 30 ou 40 ans et des manières dont ils et elles exercent et justifient leur évolution artistique quand leur situation n’est effectivement pas celle du succès « réputationnel » – être reconnu-e par un large public ainsi que par des critiques d’art et des pairs reconnu-e-s.

Tel serait justement l’objet de ce numéro spécial : dévoiler les ressorts subjectifs et objectifs sous-tendant le maintien dans l’expression artistique de cette grande majorité d’artistes « modestes » (au sens où ils et elles ne sont guère reconnu-e-s comme artistes en dehors d’un cercle très restreint) quand ils et elles font toujours oeuvre d’art – et n’ont donc pas abandonné la création artistique devant les difficultés expérimentées.

Trois questionnements organisent cet appel et devront orienter les réponses proposées pour ce numéro spécial. Les articles doivent viser au moins l’un des questionnements, voire si possible deux d’entre eux :

  1. l’identification des rationalités sous-tendant leur maintien dans l’expression artistique au fil du temps ;
  2. les manières dont ces artistes organisent leurs activités, leurs finances et leurs emplois du temps pour réussir ce difficile maintien dans la création artistique ;
  3. les trajectoires des artistes « modestes » sont sous-tendues par des inégalités sociales, genrées ou « nationales ».

Modalités de soumission

Les propositions d’articles devront être envoyées à Marie Buscatto avant le 1er février 2018. Elles comporteront environ 5000 signes décrivant de manière détaillée aussi bien le matériau empirique que les principaux résultats de l’enquête.

Télécharger l’appel complet.


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