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Revisiter l’autonomie : pratiques et usages dans le travail social

16 juin 2017, Paris (France)

Le Laboratoire de Changement Social et Politique (LCSP) de l’Université Paris Diderot et le Centre d’Etude et de Recherche Appliquées (CERA) organisent conjointement une journée d’étude consacrée aux pratiques et usages de l’autonomie dans le travail social.

La question de l’autonomie a traversé et traverse le champ du social. On sait que sous une même acception se dessinent des significations contradictoires entre la réintégration individuelle des places et l’appel à un pouvoir d’agir mobilisant une collectivité voire une communauté. Si l’autonomie a diversement été connotée d’une dimension émancipatrice y compris sous la désignation « d’empowerment » elle a aussi été abordée dans sa dimension injonctive ou dans une adhésion aux normes de la concurrence individualiste ou bien encore dans un simulacre de participation. Entre promotion de la parole et du pouvoir d’agir des publics de l’action sociale, et injonction à une responsabilisation accrue d’autant plus pénalisante pour ceux dont les étayages sont insuffisants, elle apparaît comme une catégorie en tension dans le travail social. On se propose de revenir sur celle-ci non pas à partir des grandes orientations théoriques sur le social ou à partir des pratiques et des discours des institutions, mais en s’appuyant sur les pratiques et les usages des travailleurs et des usagers du social. Sous la catégorie d’usage, on entendra moins les régulations formelles ou informelles des échanges et des pratiques entre travailleurs et usagers (« c’est l’usage »), que l’idée d’un « faire avec », qui dessine l’écart des pratiques à l’égard des normes et leur inventivité quotidienne, la manière dont elles s’indurent (« à l’usage ») comme travers ou comme succès. L’autonomie paraît alors pouvoir se gagner soit en utilisant les prestations et dispositifs de l’intervention sociale, soit au contraire en les évitant, en résistant aux injonctions et assignations identitaires des institutions sociales. Quelles sont les formes d’appropriation des dispositifs et prestations, quelle autonomie peut se loger dans leur appropriation ? Les personnes peuvent-elles jouer des écarts de signification avec les intervenants sociaux ? Inversement quelle part ceux-ci peuvent-ils mettre de personnel dans le travail social et jusqu’où faut-il entendre ce personnel entre ce qui relève des rapports aux affects et au lien ou de l’intérêt bien compris ? Jusqu’où enfin les dérégulations du travail social reconfigurent les usages professionnels. Sonder ces pratiques, ces usages au croisement de l’insu et de la réflexivité, interroger ce qui se « braconne » du social, c’est d’une part sortir de l’impasse du déterminisme en cherchant à comprendre comment les acteurs dans l’interaction inventent, agissent en « faisant avec », mais aussi expérimentent collectivement le social par l’épreuve et par l’essai : appropriation de conditions d’agir, marge de temps et de vie à l’écart des conditions du contrôle qui comme dit de Certeau « se gagnent souvent sans se garder ».

Cette réflexion prendra le caractère d’une journée d’étude. On insistera sur la dimension horizontale de la recherche en privilégiant l’échange et la discussion plutôt que le caractère formel et achevé de communication.

Lieu : Salle Laplanche - bâtiment Olympe de Gouges, Université Paris Diderot. 8 place Paul-Ricoeur - 75013 Paris
Sur inscription dans la limite des places disponibles.

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