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Appels à contributions

Revue française des affaires sociales, « La place des aidants profanes dans les politiques sociales, entre libre choix enrôlements et revendications ».

8 octobre 2018

La revue française des affaires sociales lance un appel à contribution pour son prochain numéro, à paraître en janvier 2019, sur le thème « La place des aidants profanes dans les politiques sociales, entre libre choix enrôlements et revendications ».

Date limite de soumission des propositions : 8 octobre 2018

Thématique

Les aidants profanes sont les non professionnels de la protection sociale, du soin, de la santé. Il s’agit le plus souvent des proches, parents plus ou moins éloignés, conjoints, cohabitants, voisins, amis ou relations et qui se trouvent de plus en plus fréquemment sollicités, voire « enrôlés » dans des tâches de solidarité institutionnalisée. Depuis plusieurs décennies maintenant, une série de décisions ont été prises en France, comme dans d’autres pays d’Europe, dans le champ de la santé, de l’accompagnement du handicap ou de la perte d’autonomie des personnes âgées, qui favorisent le maintien à domicile des personnes. L’hospitalisation à domicile, la désinstitutionnalisation, sont autant de formules qui derrière la mobilisation du « domicile » impliquent de fait également celle des proches de ces différents types de personnes vulnérables, qu’ils soient cohabitants ou non de ces personnes, liés par la parenté ou le simple voisinage. De plus, même dans le cadre de l’accueil en institution, des proches sont sollicités pour développer certaines activités pourvoyeuses de bien-être pour les résidents .

Bien sûr, les formes prises par cette implication-sollicitation des proches se différencient selon les populations concernées , notamment du fait de la place prise par les associations de proches. Au-delà du retour de la philanthropie qui concerne la protection sociale dans ses aspects financiers, de nouvelles économies morales et politiques de la solidarité conduisent, dans différents contextes nationaux et branches des politiques sociales, à mobiliser, voire même à enrôler de façon spécifique, des aidants-profanes dans des tâches finalisées. Ces contradictions et ambivalences se reflètent d’ailleurs dans l’instabilité des catégories que les textes officiels mobilisent pour désigner les aidants parfois appelés« naturels », « familiaux » ou « proches ». D’ailleurs, la difficulté des professionnels à être réactifs à la parole de l’aidant-profane, par exemple sur la qualité du service ou de soins intimes, est sans doute révélatrice de cette ambivalence.

Cela révèle, pour une part, la confrontation entre des légitimités d’expertise fondées les unes sur la formation et la qualification professionnelle reconnue et les autres sur sa connaissance plus intime de la personne aidée. L’aidant profane peut, dans certaines circonstances qu’il faudrait décrire et analyser, jouer un rôle de médiation entre la personne et les professionnels, facilitant ainsi l’accompagnement et améliorant sa qualité. Les formes de rémunération des aidants et aidantes es de personnes handicapées, les invitations plus ou moins pressantes faites aux proches à participer à des tâches collectives dans certains EHPAD, la multiplication des formations destinées aux proches qui interviennent auprès de personnes fragiles ou malades sont autant de signes d’une tendance à l’incorporation des proches dans des dispositifs de protection sociale. Au-delà du champ médico-social , dans lequel « l’aidance » joue un rôle central, les enjeux de l’accompagnement des personnes en difficulté donnent à voir l’importance de ce phénomène dans le champ du social en général.

Nous remarquons que leur enrôlement est en partie lié à l’incorporation, dans le champ de la protection sociale, d’activités attachées traditionnellement à la sphère du « privé », voire de l’intime. Au-delà des caractéristiques techniques et des finalités d’autonomie et de sécurité généralement attachées par leurs promoteurs aux objets correspondants, il est intéressant d’interroger le point de vue des aidants profanes sur les perceptions et les usages qu’ils en ont. De manière plus générale, les résultats des comparaisons internationales ont bien montré l’importance des interdépendances entre prestations professionnelles et place des aidants . La question de l’articulation entre professionnels et aidants profanes se pose avec une certaine acuité, non seulement du fait de leurs compétences respectives, mais aussi d’éléments plus sous-jacents .

Dans une perspective opposée et permettant de justifier l’enrôlement des profanes comme acteurs de ces politiques publiques, se développe la lutte d’aidants proches qui cherchent à accroître leur poids dans le champ des politiques sociales, et contestent la prééminence des « savoirs savants » dans les politiques de santé au sens large. En tant qu’« experts du vécu », ils revendiquent une place accrue depuis la conception des politiques jusqu’à l’implication dans les parcours de soins, du fait de leur connaissance unique des contraintes de la situation et des besoins d’accompagnement. Notre dossier souhaite donc accueillir des articles permettant de montrer les tensions existantes entre les différentes formes possibles d’engagement des aidants profanes dans la protection sociale et les revendications des individus et des collectifs, souvent associatifs, cela, dans différentes branches de la protection sociale, en France et à l’étranger.

Modalité de soumission

Les auteurs souhaitant proposer à la revue un article sur cette question devront l’adresser accompagné d’un résumé et d’une présentation de l’auteur au plus tard avant le 8 octobre 2018 à cette adresse.

Voir l’appel complet


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