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Appels à communications

Socialisations sexuelles

20 novembre 2020

Dans le cadre de deux journées d’étude, organisées par le RT 28 « Recherches en sciences sociales sur la sexualité » et le RT 50 « Socialisations » de l’Association Française de Sociologie, qui se tiendront les 1er et 2 avril 2021 à l’INED sur le campus Condorcet, un appel à communication est lancé sur le thème « Socialisations sexuelles ».

Date limite de soumission des propositions : 20 novembre 2020

Thématique
Parler de socialisation sexuelle n’a rien d’une évidence au sein de la sociologie française. Si l’expression a pu être utilisée par le passé en référence à « la socialisation sexuée » (Passeron et De Singly, 1984), elle a depuis fait l’objet d’usages variés et polysémiques, sans pour autant devenir un concept établi. La notion renvoie chez certain·e·s auteur·e·s aux discussions sur la sexualité et la socialisation par les pair·e·s. D’autres désignent par « socialisation sexuelle » l’influence présumée négative sur la sexualité de la pornographie ou de la religion, faisant des individus des êtres passifs soumis à une socialisation sexuelle extérieure dangereuse qui s’imposerait à eux sans qu’elle ne soit traduite ou réappropriée. La socialisation sexuelle, connotée péjorativement, s’inscrit alors dans une forme de panique morale (Bozon, 2012). Certains travaux encore parlent de socialisation sexuelle pour désigner la « socialisation à la sexualité », mais sans en faire le cœur de leur objet d’étude. Dans le champ des études sur la sexualité, les mots ne sont pas les mêmes. Généralement très marqués par le prisme foucaldien, ces travaux ont pendant longtemps parlé de contrôle, de subjectivation, de gouvernement (et de discipline dans une moindre mesure) de la sexualité pour désigner le rôle des institutions et leurs effets socialisateurs sur les individus. Du constat du traitement marginal, dispersé et polysémique en sociologie de la socialisation sexuelle est né le projet de ces deux journées.

L’objectif de ces journées est de faire dialoguer sociologie de la sexualité et sociologie de la socialisation. Faire dialoguer ces deux champs de la sociologie revêt des enjeux importants : dénaturaliser la sexualité et mettre au jour ses déterminants sociaux. En matière de sexualité, les représentations naturalisantes, nourries par la psychologie évolutionniste et la psychanalyse, sont légion : les hommes auraient « par nature » des besoins sexuels plus importants que les femmes ; l’hétérosexualité serait « plus naturelle » que l’homosexualité, car « résultat » de l’évolution des espèces. Plus encore, il s’agira au fil de ces journées de montrer comment et combien, les pratiques, mais aussi les représentations de la sexualité sont socialement déterminées. Contre l’idée que la sexualité constituerait une « île enchantée » (Bourdieu, 1998), c’est-à-dire un espace de liberté individuelle échappant aux rapports de domination, travailler sur la socialisation sexuelle permettra de mettre au jour les contraintes sociales qui orientent ce domaine de pratiques et les rapports sociaux qui la traversent.

Deux axes structureront ces journées d’étude :
- La socialisation à la sexualité
- La socialisation par la sexualité.
Quel que soit l’axe dans lequel elles s’inscrivent, les propositions pourront se centrer sur la période actuelle ou adopter une perspective historique. Nous attendons des communicant·e·s, une attention toute particulière à la différenciation des processus analysés en fonction du genre et de la classe sociale. Il est aussi demandé aux communicant·e·s d’être attentif·ve·s dans leurs présentations aux aspects et défis méthodologiques que représente l’analyse de la socialisation sexuelle. Les propositions qui développent les enjeux liés à la posture de recherche (épreuve du terrain, émotions de l’enquêteur·rice, réflexivité) et aux difficultés d’observer et d’interroger la socialisation sexuelle, par exemple auprès de populations « difficiles à joindre », « vulnérables » et/ou « sensibles » (jeunes, personnes malades et/ou incarcérées, etc.), sont les bienvenues. La liste de questions et les thématiques proposées n’ont évidemment nullement vocation à être exhaustives.

Modalités de soumission des propositions
Les propositions de communication sont à envoyer au plus tard le 20 novembre 2020 aux adresses suivantes : Marie Bergström, Pierre Brasseur, Martine Court, Gwénaëlle Mainsant, Camille Masclet et Mélanie Perez.
D’une taille maximale de 2 500 signes (espaces compris), elles devront comporter le titre de la communication, le statut et l’institution de rattachement de la/du communicant·e, une adresse email ainsi qu’un résumé exposant la question traitée. La décision du comité d’organisation sera communiquée aux auteur·rice·s le 11 décembre 2020. Afin de préparer au mieux les sessions et discussions, un texte devra être envoyé avant le 15 mars 2021.
Les journées d’étude se tiendront en présentiel, sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire. Le financement du transport et/ou de l’hébergement pourra être envisagé pour les chercheur·e·s non-financé.e.s dans les limites du budget des journées d’étude.

Voir l’appel complet.


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