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L’éducation à la religion, le développement spirituel et les fondamentalismes à l’école laïque : quelle « neutralité » pour les enseignants ?

15 février 2018

Dans le cadre du congrès 2018 de l’ACFAS qui aura lieu du 7 au 11 mai 2018 à Chicoutimi (Canada), un appel à communications est lancé sur le thème « L’éducation à la religion, le développement spirituel et les fondamentalismes à l’école laïque : quelle « neutralité » pour les enseignants ? »

Date limite de soumission : 15 février 2018

Thématique

Depuis près d’une vingtaine d’années, la question de la place du religieux dans l’espace public a notamment amené différents pays à revoir leurs programmes d’éducation religieuse offerts dans leurs écoles publiques. Si bien qu’aujourd’hui c’est la diversité qui caractérise les modèles de formation au religieux dans les écoles des pays européens et américains. Si aux États-Unis, l’éducation religieuse n’a pas sa place dans les écoles publiques, la grande majorité des pays ont choisi d’offrir une place aux confessions religieuses. Dans ces pays, les parents peuvent donc choisir quel enseignement confessionnel ils souhaitent voir offrir par l’école à leurs enfants : chrétien, catholique, luthérien, musulman, etc. C’est notamment le cas de la Grande-Bretagne, de la Finlande, de l’Allemagne, de la Grèce, etc. Le rapport Debray en France a par ailleurs servi d’inspiration et même parfois de modèle pour quelques pays qui ont préféré offrir une formation culturelle (c’est-à-dire non confessionnelle) aux faits religieux. On retrouve notamment ce type d’enseignement culturel du fait religieux, offert de façon optionnelle ou obligatoire, en Espagne, dans certains cantons suisses ou au Québec. Cet enseignement du phénomène religieux soulève toutes sortes d’enjeux aujourd’hui : la formation des enseignants, leur posture éthique, la prise en compte de la diversité des pratiques et des convictions, la tension entre science et croyances, etc.

Posture éducative et croyances des enseignants
Cette formation religieuse non confessionnelle pose en particulier des défis inédits en ce qui concerne la posture des enseignants. Généralement invités à faire preuve de « neutralité » (terme défini différemment selon chaque pays), les enseignants se trouvent de facto confrontés à différentes manifestations de croyances en classe qui mettent à l’épreuve au quotidien ce devoir d’objectivité et d’impartialité. En outre, les enseignants sont eux-mêmes porteurs de diverses convictions dont ils doivent limiter l’effet sur leur enseignement.

Gestion des fondamentalismes et radicalités en classe
Les enseignants sont aussi interpellés par les croyances plurielles des enfants ou de leurs parents, notamment celles qu’on peut qualifier de « fondamentalistes » ou « radicales » ; ces croyances peuvent d’ailleurs être religieuses ou non. Lorsqu’il s’exprime en classe, ce type de croyances sort de la sphère privée en posant un certain nombre de conflits de valeurs et de normes avec lesquels l’enseignant doit composer. Il s’agit pour lui de respecter ce qui relève d’une part des convictions individuelles et d’autre part des fondements normatifs de son enseignement. Plusieurs questions surgissent alors : par exemple, comment aborder les croyances de type fondamentaliste ou radical en enseignement culturel de la religion ? Jusqu’où doit-on respecter des croyances d’élèves ou de parents allant à l’encontre des principes d’ouverture et de réflexivité critique, au cœur de la plupart des cours d’enseignement culturel des religions ? Comment prévenir les « radicalités » menant à la violence tout en évitant de stigmatiser des élèves en particulier ou d’attaquer certaines convictions individuelles ?

Développement spirituel des élèves
Cette « neutralité » peut aussi se trouver questionnée sous d’autres angles par la quête spirituelle d’élèves, susceptible de déstabiliser l’enseignant « neutre » de culture religieuse. Pourtant, de nombreux systèmes éducatifs reconnaissent la nécessité de favoriser le développement spirituel des élèves. Dans quelle mesure une école laïque peut-elle et doit-elle encourager le développement spirituel de ses élèves ? Les enseignants de culture religieuse, tenus à la « neutralité », doivent-ils jouer un rôle quelconque dans l’accompagnement spirituel des élèves ; et si c’est le cas, comment peuvent-ils intervenir auprès des élèves qui en manifestent le besoin ?

Ce colloque se concentrera sur l’articulation actuelle ou souhaitée entre l’éducation au fait religieux et les croyances plurielles des élèves ou de leurs parents dans le cadre de l’école publique laïque.

Modalités de soumission

Nous vous invitons à soumettre des propositions de communication dans l’un de ces deux axes d’ici le 15 février 2018 à l’adresse suivante.

Les propositions de communication doivent inclure un titre et un résumé (maximum de 300 mots).

Télécharger l’appel complet.