AISLF

Événements AISLF en 2010

AISLF - Créativité sociale et culturelle émergente. Les visages pluriels de l’individu incertain

30 septembre 2010

Un appel à communication est lancé par

l’Instituto de Investigaciones Sociales (IIS) de la Universidad Nacional Autónoma de Mexico (UNAM) ; le Laboratorio Internacional de Investigación Social y Cultural ; CesNova, Centro de Estudos em Sociologia, Faculdade de Ciências Sociais e Humanas da Universidade Nova de Lisboa (Portugal) ; la Chaire de Sociologie, Travail Social et Politiques Sociales
de l’Université de Fribourg (Suisse)

dans le cadre du
Comité de Recherche 30 Inégalités, Identités et Liens Sociaux de l’ AISLF

pour un

Colloque international/Coloquio internacional
sur "Créativité sociale et culturelle émergente/Creatividad social y cultural emergente
Les visages pluriels de l’individu incertain/Los rostros plurales del individuo frente a la incertidumbre

Date limite pour l’envoi des propositions : 30 septembre 2010.

Ce colloque aura lieu du mardi 12 au jeudi 14 avril 2011, dans la salle de conférences de l’Insituto de Investigaciones Sociales de l’Universidad Nacional Autonoma de Mexico (Circuito Mario de la Cueva, Ciudad Universitaria, Campus de l’UNAM, Mexico DF).

Comité scientifique
- Guy BAJOIT, Université Catholique de Louvain-la-Neuve, Belgique ;
guy.bajoit@uclouvain.be
- Casimiro BALSA, Universidade Nova, Lisboa, Portugal ; cm.balsa@fcsh.unl.pt
- Pablo S. GARCIA, Universidad de Buenos Aires, Argentina ;
pabloseba77@hotmail.com
- Mario SANDOVAL, Universidad Católica Silva Henriquez, Santiago, Chile ;
msandoval@gmail.com
- Marc-Henry SOULET, Université de Fribourg, Suisse ;
marc-henry.soulet@unifr.ch
- Hugo José SUAREZ, Universidad Nacional Autónoma de Mexico ;
hugojose@servidor.unam.mx
- Veronica ZUBILLAGA, Universidad Simon Bolival, Caracas, Venezuela ;
veronicazubillaga@cantv.net

Comité d’organisation
Pour toute information, s’adresser à :
- Hugo José SUAREZ, Universidad Nacional Autónoma de Mexico - hugojose@servidor.unam.mx
- Guy BAJOIT, Université Catholique de Louvain-la-Neuve - guy.bajoit@uclouvain.be

Antécédents
Cette rencontre scientifique s’inscrit dans une ligne de réflexion ouverte par plusieurs colloques antérieurs, organisés soit par l’Instituto de Investigaciones Sociales (IIS) de l’UNAM, soit par le Comité de Recherche 30 de l’AISLF.
Ainsi, en mars 2009, Hugo Jose Suarez et Veronica Zubillaga ont organisé, à l’IIS de l’UNAM, une rencontre sur le thème Malaise social et angoisse d’exister . Le but de ce premier échange était de mettre en évidence, chez beaucoup de groupes sociaux, les formes du malaise existentiel qui résultent des changements sociaux, économiques, technologiques, politiques et culturels en cours dans nos sociétés et plus particulièrement en Amérique Latine. En mars 2010, ils ont organisé, dans le même cadre institutionnel, une seconde rencontre, qui devait prolonger la première, et qui a eu pour thème L’incertitude et les stratégies de sens. Encouragés par le succès de ces deux rencontres, les organisateurs souhaitent maintenant, non seulement élargir la participation en organisant, en avril 2011, un troisième colloque avec la collaboration de l’AISLF, mais aussi en faisant un pas de plus pour approfondir la problématique, celle de la créativité sociale et culturelle de l’individu face à l’incertitude.
De son côté, et depuis de nombreuses années, le Comité de Recherche 30 de l’AISLF a organisé plusieurs colloques sur ces mêmes questions. Citons seulement ceux qui se rapportent le plus directement au thème proposé ici : à l’Université de Fribourg (Suisse), en 2002 : « Faire face et s’en sortir. Agir en situation de vulnérabilité » ; à l’Université de Tours (France), en 2004 : « Retour à l’individu et détours de l’individu : individuation et société d’inégalités » ; à l’Université de Concepción (Chili) en 2008 : « Le contrat social dans un monde en voie de globalisation » ; à l’Université de Montes-Claros (Brésil), en 2010 : « Les Ressources de la lutte contre la pauvreté : entre contrôle sociétal et reconnaissance sociale ».

Problématique
Dans des sociétés régies par un modèle culturel de l’ « individu-sujet-acteur », chacun se sent appelé par la culture qui l’environne à se réaliser comme personne singulière, à choisir sa vie, à la vivre avec passion et bonheur, à être autonome et responsable de lui-même, à ne tomber dans aucun des pièges qui se dressent sur son chemin. Or, il lui est difficile de se conformer à de telles injonctions : souvent, les ressources lui manquent ou la société ne les donne pas ; souvent aussi, même quand il en dispose, il ne sait pas comment s’y prendre pour se conformer à des attentes aussi exigeantes. Son avenir est donc incertain, et le malaise – le mal être – qui résulte de cette incertitude peut toucher tout le monde. S’il est vrai que les précaires et les exclus sont plus vulnérables que les autres, il n’est pas moins vrai que l’incertitude peut atteindre n’importe qui. En effet, cette hydre moderne porte, sinon sept, au moins cinq têtes :

1. L’appel à la compétition engendre la montée de la précarité, des inégalités, du chômage et, d’une manière générale, de l’exclusion sociale. Or, dans le même temps, l’appel insistant à la consommation fait désirer aux individus des dizaines de biens et de services qu’ils auront bien du mal à se procurer. Certains y parviendront pourtant, mais en travaillant beaucoup (stress), en devenant des « loups parmi les loups » (hyper-individualisme) et en s’endettant souvent à l’excès (consumérisme) ; d’autres n’y parviendront jamais…, et ils le savent !

2. L’appel à une nouvelle citoyenneté (plus pragmatique, plus proche des gens, plus participative, plus décentralisée) entre en contradiction flagrante avec le monde politique « traditionnel », qui résiste au changement, et qui s’enfonce peu à peu dans la démagogie, les marchandages, les promesses non tenues, le clientélisme, les scandales, le corruption, les « affaires » et, plus généralement, l’absence de projet politique alternatif au modèle néolibéral.

3. L’appel à l’autonomie, à la responsabilisation des individus, à l’activation, sur lesquelles les élites politiques prétendent fonder le nouveau contrat social est contredit dans la pratique au moins pour deux raisons. D’une part, par l’insuffisance des moyens mis à la disposition des politiques sociales et des services publics, alors que les besoins ne cessent d’augmenter. D’autre part, cette politique sociale et publique — qui prétend, dans son discours, restaurer la citoyenneté, l’autonomie et la responsabilité des sujets individuels —, débouche en réalité sur une « chasse aux profiteurs » et à ceux qui mettent en péril la sécurité publique.

4. L’appel à l’autoréalisation individuelle et à un rapport réflexif à la norme et aux valeurs entre en contradiction avec la crise de l’autorité dans les instances de socialisation (la famille, l’école…). Cette crise engendre, aussi bien chez ceux qui doivent exercer l’autorité que chez ceux à qui elle s’applique, des troubles psychiques plus ou moins graves : troubles de l’identité, de la relation sociale et de l’agir.

5. L’appel au pluralisme, à la tolérance envers les différences, à l’interculturel, à l’inscription des individus dans des réseaux, entre en contradiction avec deux traits importants des sociétés d’aujourd’hui. D’une part, la mondialisation – avec la généralisation de l’American way of life –, est en train de broyer, partout dans le monde, les cultures locales avec toute la puissance de conviction des mass media et des industries culturelles, provoquant partout des replis sur les identités ethniques et nationales. D’autre part, ces replis culturels ont souvent des relents racistes, et le racisme, comme l’extrême droite, est une des formes de réponse à l’incertitude dans laquelle les gens sont amenés à vivre aujourd’hui.

Comment les individus « se débrouillent-ils » avec ces formes d’incertitude ? La question que soulève le colloque auquel nous vous convions est celle des formes de créativité sociale et culturelle, qui émergent de tous les individus affectés par le malaise et l’inquiétude. L’accent est mis, cette fois, sur l’innovation, sur la capacité des individus incertains d’inventer eux-mêmes des solutions à leurs problèmes, et de se conduire ainsi, dans les limites de leurs ressources, comme sujets et acteurs de leur existence.
Sans prétendre ici à l’exhaustivité, et dans le seul but d’illustrer quelque peu une problématique que les participants ne manqueront pas d’enrichir par leurs apports, on peut observer que la créativité dont il s’agit s’exprime chez toutes les catégories d’individus où l’incertitude fait des ravages. En voici quelques exemples.

Les visages du jeune face à l’incertitude
Face à leur avenir, plus ou moins inquiétant selon les ressources dont ils disposent, les jeunes adoptent de multiples formes créatives d’adaptation : ils entrent dans « le système » et deviennent des travailleurs précaires mais flexibles, des consommateurs compétitifs et connectés sur le web ; ils participent à des groupes de pairs (les bandes, les tribus urbaines, les supporters…) ; ils font partie de mouvements politiques (l’altermondialisme, l’anarchisme, l’extrême droite...), de courants artistiques (le hip-hop, le rap, le tag…) ou religieux (chrétiens, musulmans, bouddhistes…) ; et, pourquoi pas ? ils se marient et font des enfants !

Les visages de la femme, de l’homme et du couple face à l’incertitude
Malgré des progrès indéniables, devant les discriminations dont elles continuent d’être victimes, les femmes exigent toujours l’égalité chère aux féministes. Mais, en même temps – modèle culturel oblige –, elles revendiquent aussi leur droit à une identité singulière, au libre choix de la vie qu’elles entendent mener : vivre seules ou en couple, être hétéro ou homosexuelles, avoir ou non des enfants, devenir des professionnelles ou des mères au foyer, être frivoles et séduisantes ou porter le voile, comme bon leur plaît, et sans que ce soit forcément incompatible.
Mais si le genre féminin « n’est plus ce qu’il était », le genre masculin n’est pas davantage « sûr de son affaire » : quelles sont les normes de la masculinité d’aujourd’hui ? Alors que la plupart des femmes occupent des emplois, l’homme est-il encore celui qui gagne l’argent du ménage ? Quelle est sa position devant le partage des tâches dites « domestiques » ? Comment se comporte-t-il dans sa sexualité ? Comment exerce-t-il sa paternité ?
Et, bien entendu, des femmes et des hommes en train de créer des identités nouvelles, cela donne des couples plus incertains que jamais, et donc aussi des enfants, des familles dont l’avenir n’est plus prévisible, structuré par des normes claires et rassurantes.

Les visages du travailleur face à l’incertitude
Partout, le modèle économique et technologique néolibéral a posé ses conditions : restructuration et délocalisation d’entreprises, robotisation de la production, individualisation des contrats de travail, démobilisation du syndicalisme, mise en place d’une nouvelle culture d’entreprise. Les groupes financiers et commerciaux les plus forts imposent la libre compétition aux plus faibles, alors qu’ils ne la respectent pas eux-mêmes. Il en a résulté une précarisation du travail et une régression de la sécurité sociale. Dans le secteur formel, les travailleurs doivent cultiver la performance s’ils veulent garder leur emploi ; dans le secteur informel, ils doivent bricoler des solutions : des entreprises récupérées autogérées, du troc, de la monnaie locale, de l’économie sociale solidaire…
Les visages du citoyen et du militant face à l’incertitude
Hier, le citoyen était sûr de son affaire. Il était « de gauche » (anticapitaliste, anti-impérialiste, socialiste révolutionnaire ou social-démocrate) ou il était « de droite » (le contraire). Aujourd’hui, il ne sait plus par où passe cette ligne de partage : les révolutionnaires ne sont plus crédibles, les sociaux-démocrates sont presque aussi libéraux que la droite et, depuis la dernière crise, les néolibéraux parlent de la nécessité d’en revenir à une régulation du marché par l’État. Comment être citoyen aujourd’hui dans des pays où l’État est incapable d’assurer ses fonctions essentielles : garantir la sécurité des citoyens, exercer la violence légitime, garantir le contrat social par une solidarité instituée, légiférer et gouverner, rester souverain dans un ordre mondialisé ?
Et comment être militant politique ou social, lorsque les enjeux se sont diversifiés ? Il y a toujours le syndicalisme (ouvrier ou paysan), bien sûr, mais aussi la défense de l’environnement, des consommateurs, de la démocratie, des services publics, des peuples originaires, des femmes, des jeunes, des exclus, des immigrés, des homosexuels, etc., etc.

Les visages du croyant face à l’incertitude
Hier, l’Occident était catholique ou protestant ; à moins d’être laïc (ce qui n’est qu’une autre croyance) ! Aujourd’hui, le croyant a le choix, mais il ne sait plus en quoi croire : sectes et églises se livrent à un prosélytisme acharné, et ce n’est pas toujours la conviction religieuse qui entraîne l’adhésion. Il peut réaffirmer sa foi ancienne ou construire ses croyances « à la carte », en y mêlant un peu de bouddhisme, un peu d’islam, un peu d’animisme et pas mal de superstition.

Structure du colloque
Le colloque comportera cinq ou six demi-journées du travail (selon les propositions de communication retenues) : deux le mardi 12, deux le mercredi 13 et une ou deux le jeudi 14 avril. Chacune serait introduite par deux conférences plénières, l’une par un conférencier latino-américain, l’autre par un conférencier proposé par l’AISLF. Si le nombre et les thèmes abordés par les participants l’autorisent, les cinq champs d’innovation énoncés ci-dessus devraient permettre de distribuer les communications entre les tables rondes, parallèles ou simultanées.

Comment participer ?
Les chercheurs intéressés à prendre part à ce colloque devront s’adresser à l’un ou à l’autre des deux membres du Comité d’organisation : Hugo José Suarez hugojose@servidor.unam.mx et/ou Guy Bajoit guy.bajoit@uclouvain.be. Ils leur enverront un résumé détaillé de la communication qu’ils comptent présenter (en français ou en espagnol). Nous leur demandons de faire cette démarche avant le 31 septembre 2010, afin de pouvoir leur donner une réponse dans un délai suffisant, afin que ceux qui ont besoin d’introduire des demandes de financement aient le temps de le faire. Le Comité scientifique examinera leur proposition et leur communiquera sa décision avant le 31 octobre 2010.

Informations pratiques
Elles seront communiquées plus tard.


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