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Événements AISLF en 2017

Critiques du monde contemporain : quelles formes pour la contestation ? (Appel à communications)

16 juin 2017

Dans le cadre d’un colloque organisé par le GT 29 de l’AISLF « Sociologies critiques, théories critiques », un appel à communication est lancé sur le thème « Critiques du monde contemporain : quelles formes pour la contestation ? »

Date limite de proposition : 16 juin 2017

Thématique

La situation extrêmement tendue de la société contemporaine consiste en une suite de crises multiples et multiformes ; une « crise-érosion » établie dans les dernières décennies du 20e siècle. Les sujets font l’expérience de cette crise-érosion. Elle est menaçante (« plus rien n’est sûr »), incompréhensible et non-maîtrisable. Il s’est établi un profond « malaise dans la société », un fatalisme généralisé et beaucoup de morosité. Ce malaise, ce fatalisme et cette morosité semblent reposer sur un double sentiment dominant. La société ne correspondrait plus à son cadre normatif qui jadis ménageait encore une place aux désirs des individus. Ce qui fut un temps appelé État providence voit aujourd’hui sa capacité à assurer une série d’investissements collectifs et une régulation du capitalisme s’effriter au fil du temps. D’autre part, la crise, omniprésente, a enraciné profondément l’idée selon laquelle, pour reprendre Thatcher, « there is no alternative ». Il manquerait ainsi également de projets d’avenir pour cette société au sein de laquelle d’aucuns diagnostiquent un renoncement de la critique. La marche du monde se chercherait définitivement entre gouvernance mondiale et acteurs internationaux opérant sans mandat populaire.

Cependant, le paysage social n’est pas pour autant calme. Même si le fatalisme et le repli sont courants, des contestations publiques ont lieu et des voix critiques se font entendre. Ces critiques constatent – aussi bien dans l’espace public que dans l’espace privé – que ce monde n’est pas ce qu’il prétend être, ce qu’il pourrait être et ce qu’il devrait être. Les AMAP contre Monsento, les décroissants contre BMW, les Nuits Debout contre le délitement du droit du travail, les Zones d’Autonomie Temporaires, les Black blocs, les Femen, les Sans-terres,…. Ces mouvements critiques ont accompagné ou permis le renouveau de courants critiques au sein des sciences sociales. Les approches et les démarches de ces courants sont à ce stade très divers et disparates, que ce soit au niveau de leurs références théoriques, de leurs objets, de leurs méthodes et de leurs finalités. En outre, ils correspondent rarement aux profils des disciplines académiques ou aux démarches interdisciplinaires établies. Les uns manifestent non plus le désir d’un dépassement mais celui d’un attachement aux institutions collectives en déliquescence (allocations sociales, soins de santés gratuits et universels, retraites, etc.). Les autres attestent du développement d’une certaine autonomie intellectuelle par rapport aux manques et aux souffrances vécues.

Mais tous ces courants se trouvent devant d’énormes défis : comment expliquer la constitution de la situation contemporaine contradictoire : stable mais sans projet d’avenir ? Quelle est la dynamique de cette société que la crise ne cesse d’éroder ? Pour quelles raisons et avec quelles finalités s’engagent les sujets dans des pratiques critiques et des contestations ? Quelles subjectivités se constituent au sein des mobilisations mais également parmi la majorité des « non-mobilisés » ? De nouvelles formes de société, de solidarité, de démocratie s’établissent-elles dans ces mouvements ? Ou s’agit-il d’anciennes formes remises au goût du jour ? Quels sont les rapports entre les sciences sociales et ces acteurs (individuels, collectifs et institutionnels) ? Les décrire revient-il pour le chercheur à camper une posture politique ?
Compte tenu du renouveau tant des critiques pratiques évoquées que des théories critiques proprement dites, le colloque s’organisera autour des thèmes suivants, en ménageant une place singulière aux recherches empiriques :

  1. Les critiques publiques contemporaines : acteurs, objets et formes de la contestation (raisons d’agir, visions du monde, etc.) ;
  2. Les théories critiques contemporaines en sciences sociales : argumentations et finalités ;
  3. Les terrains des sciences sociales entre critiques publiques et expertise ;
  4. Le positionnement politique du chercheur ;
  5. Avenirs possibles.

Modalités de soumission

Les abstracts de communication sont à envoyer pour le 16 juin 2017 à cette adresse ou celle-ci.

Télécharger l’appel complet.


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