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Appels à contributions

Anthropologie et sociétés : « Diversité de genre : transformations contemporaines »

Date limite de soumission : 11 octobre 2021

La revue Anthropologie et sociétés lance un appel à articles pour un numéro thématique sur « Diversité de genre : transformations contemporaines », à paraître en mars 2023.


Date limite de soumission : 11 octobre 2021

Thématique
L’anthropologie francophone s’est peu intéressée à la « diversité de genre », contrairement à la littérature en langue anglaise qui compte divers ouvrages, dont plusieurs synthèses de référence (par exemple Herdt, 1994 ; Ramet, 1996 ; Nanda, 1999). Certains auteurs qui se sont penchés sur les minorités sexuelles dans des contextes spécifiques ont par ailleurs discuté des différentes configurations que pouvaient prendre le genre des personnes concernées (Kulick, 1998 ; Murray et Roscoe, 1998 ; Wieringa et al., 2007 ; Gaudio, 2009 ; Blackwood, 2010 ; Geoffrion, 2013). Dans ces écrits, la diversité de genre est invoquée de façon plus ou moins enchevêtrée avec l’orientation sexuelle, dans la mesure où, dans de nombreux contextes, les relations entre personnes de même sexe impliquent une différentiation genrée des partenaires.

La notion de « diversité de genre » permet ici de rendre compte de la multiplicité des configurations que rend possible le jeu avec, et au-delà de, la binarité féminin/masculin. Dans toute sa complexité, la diversité de genre recouvre une variété considérable de situations, qui vont des bricolages les plus informels aux formes les plus instituées ou reconnues. La plupart des figures décrites dans la littérature concerne des personnes dont le sexe de naissance est masculin.

Dans de nombreux cas, les personnes en question ne sont considérées ni comme des hommes ni comme des femmes. Niko Besnier (1994) parle ainsi de liminalité de genre (gender liminality). Cette position liminale explique que de nombreuses figures de la diversité de genre occupent des rôles de médiation entre le monde des humains et celui des esprits ou des dieux (Cornwall, 1994 ; Sweet, 1996 ; Bacigalupo, 1998 ; Dianteill, 2000 ; Lescot & Magloire, 2002).

Bien que différentes les unes des autres, ces diverses figures ont pour point commun qu’elles complexifient les normes binaires du féminin et du masculin, en ce que certains corps désignés comme homme ou femme à la naissance ou plus tard dans la biographie des personnes portent, au moins en partie, les attributs sociaux de « l’autre » genre. Ces catégories sociales de genre varient tout d’abord dans le degré d’institutionnalisation du statut en question, certaines bénéficiant d’une large reconnaissance sociale, comme les hijra, qui occupaient traditionnellement un rôle dans la religion hindouiste. Elles varient ensuite dans la configuration et l’expression des différentes caractéristiques genrées. En effet, certains attributs sociaux associés au sexe de naissance de la personne sont souvent conservés, ce qui maintient une partie des rôles, droits et responsabilités – par exemple, cuisiner ou faire la lessive pour les femmes –, auxquels s’ajoutent des attributs de « l’autre sexe » – par exemple, la licence de fumer des cigarettes (Blackwood, 2010) – mais qui sont rarement entiers ou exclusifs.

La dimension placée au centre de ce numéro est la profonde évolutivité des formes de la diversité de genre. Elles se transforment, s’adaptent aux contextes tout aussi changeants des sociétés dans lesquelles elles évoluent. Les catégories et terminologies de genre circulent et sont appropriées localement.

Les contributions attendues pour ce numéro concerneront les dynamiques et les conceptualisations de la diversité de genre situées dans des contextes précis. Elles pourront porter sur les transformations induites par la mondialisation, dont l’un des effets est la minoration des catégories locales au profit de catégories qui s’imposent comme globales. Par exemple, la circulation internationale de la catégorie « transgenre » et la façon dont celle-ci s’insère dans un contexte spécifique pourraient être discutées. Les propositions peuvent concerner les représentations contemporaines de certaines catégories de genre traditionnelles, les questions d’identité et d’expression des personnes concernées, ainsi que leurs articulations au sein du système de genre plus large ou des cosmologies locales. De plus, la littérature étant très majoritairement consacrée aux personnes dont le sexe attribué à la naissance est masculin, les contributions venant étoffer les connaissances sur les différentes configurations genrées renvoyant à ce que Jack Halberstam a appelé « female masculinities » (1998, 2012) seront bienvenues. Des analyses de la situation des personnes intersexes sont aussi attendues. Les mutations actuelles de la diversité de genre dans les pays occidentaux pourront être abordées, notamment le rejet de la binarité de genre par une partie des nouvelles générations.

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Soumission d’articles
Les propositions d’articles, de 500 mots maximum, doivent être envoyées à Karine Geoffrion (karine.geoffrion@ant.ulaval.ca) et Christophe Broqua) christophe.broqua@cnrs.fr) jusqu’au 11 octobre 2021 inclus.

Les décisions d’acceptation ou non des propositions d’articles seront rendues avant la fin du mois d’octobre 2021. Les articles dont la proposition a été acceptée seront attendus pour le 1er février 2022. Une journée de discussion (facultative, possibilité de présenter en présentiel ou à distance) autour des premières versions d’articles sera organisée à l’Université Laval, à Québec, fin février 2022.


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