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Appels à communications

Emotions, épreuves, morale : une nouvelle cartographie pour l’analyse des relations professionnelles ?

31 janvier 2022

Dans le cadre du colloque organisé par le Comité de recherche 25 (CR 25) Sociologie des relations professionnelles et du syndicalisme de l’AISLF, un appel à communications est lancé sur le thème « Emotions, épreuves, morale : une nouvelle cartographie pour l’analyse des relations professionnelles ? ». Le colloque se tiendra du 23 au 25 mai 2022 à l’Université de Mons (UMONS) en Belgique.

Date limite de soumission des propositions : 31 janvier 2022

Thématique
La thématique générale du congrès de l’AISLF en 2020 était celle de la société morale. Selon l’argumentaire avancé, cette « configuration morale » toucherait la société dans son ensemble, et marquerait l’acteur social, devenu individu, dans tous les registres de sa vie sociale. Elle concernerait donc le travail, les rapports que l’acteur entretiendrait avec lui et ceux qui en font un enjeu au sein des relations professionnelles. Au point de se demander, comme nous l’avons fait dans l’appel propre au CR25 en 2020, si ces dernières sont également affaire de morale. La réponse à cette question n’est pas si évidente qu’il n’y paraît. D’un côté, comme nous l’écrivions lors du lancement de cet appel, on peut être surpris par cette prise de conscience récente. Sans remonter aux pères fondateurs pour qui les faits sociaux ont toujours eu « une structure normative et morale » (Pharo, 2006), les sociologues du travail ont le plus souvent considéré que la division sociale du travail comportait également une dimension morale – au sens où les principes de différenciation et d’évaluation qu’elle intègre s’appuient également sur des critères de légitimité et de respectabilité. Et parmi eux-elles, les sociologues des relations professionnelles s’intéressent de longue date aux valeurs et aux dimensions normatives que les acteurs, individuels et collectifs, accordent à leur travail et qui modèlent leurs rapports respectifs. Mais d’un autre côté, la transformation du travail et des régimes d’emploi semble avoir bouleversé en profondeur la nature et le contenu de ces enjeux normatifs. De fait, l’expérience au/du travail, et les revendications sociales qui lui sont liées, n’empruntent-elles pas davantage aujourd’hui au registre moral et ne s’expriment-elles pas sur un mode singulier, ne serait-ce que parce que les nouvelles formes de travail donnent une importance accrue au rapport subjectif à ce dernier ?

Quelle place et quel statut accorder à ces dispositions affectives, émotionnelles et morales dans l’analyse des relations professionnelles ? Et que peut-on en dire ? Doit-on les considérer, au sens wébérien, comme des déclinaisons qui orientent l’action et les interactions ? Se hissent-elles au rang de phénomènes à part entière qu’il conviendrait « simplement » de décrire ? Voire à celui de catégories analytiques qui prendraient place à côté – ou en remplacement – des catégories canoniques utilisées pour analyser les relations professionnelles ? S’intègrent-elles dans des analyses qui s’intéressent à des formes d’emploi et d’activité spécifiques, au sein desquelles la part émotionnelle aurait une certaine importance par exemple, comme les activités de service et de relations avec le public (Hochschild, 2017) et donnent-elles lieu éventuellement à une lecture genrée des relations professionnelles ? Ou deviennent-elles des marqueurs relativement généraux des relations de travail contemporaines ? Et de quoi sont-elles le signe ? D’un gain, au sens où ces dispositions et leur reconnaissance viendraient enrichir les relations de travail et leurs acteurs ? D’une perte, au sens où elles traduiraient les difficultés rencontrées par ces derniers à donner un débouché organisationnel et politique à leurs mécontentements ? Voire d’une absence, celle de l’identité de classe des catégories populaires, auxquelles se rattachent par exemple les participant.e.s au mouvement des Gilets Jaunes en France, qui se réfugieraient dans les « passions tristes », celles de la colère et de la violence ?

C’est à toutes ces questions que le présent appel à communication est consacré.

  1. Discours et représentations
  2. Quelles régulations des normes ?
  3. Valeurs et possibilités de l’action collective

Voir l’appel complet

Modalités de soumission des propositions
La date limite de dépôt des propositions de communication est le 31 janvier 2022. Un retour sera fait aux communicant.e.s au plus tard le 14 février 2022. Les textes définitifs sont à envoyer pour le 19 avril 2022. L’objectif étant de constituer un dossier pour la revue SociologieS, ces textes ne doivent pas dépasser 50 000 signes, espaces compris. Les règles éditoriales à respecter sont d’ailleurs celles de SociologieS.


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