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Appels à contributions

Hommes et Migrations, « Saisir le murmure du monde. Récits de soi en migration »

20 juillet 2020

Dans le cadre d’un numéro à paraître en 2021, la revue Hommes et Migrations lance un appel à contributions sur le thème « Saisir le murmure du monde. Récits de soi en migration ».

Date limite de soumission des propositions : 20 juillet 2020

Thématique
Placé dans la lignée d’une histoire « par en bas » attentive aux voix des « invisibles », ce dossier de la revue Hommes et Migrations, éditée par le Musée national de l’histoire de l’immigration, souhaite reprendre l’histoire des migrations à travers la question des récits, approchée dans leur diversité : ceux des migrants, entrelaçant générations, genre, statuts, temps et territoires, mais aussi ceux des autres acteurs – porte-parole, intermédiaires et tous ceux qui écoutent (ou pas) la voix des migrants.
- Rendre compte de la complexité des trajectoires
Les récits individuels permettent d’abord de rendre compte, dans l’espace, de la dimension transnationale des parcours. Ils mettent aussi en lumière, dans le temps, les moments de rupture, les bifurcations, les méandres, les attentes, les retours et allers-retours, les accélérations, les temps faibles et temps d’arrêt. Dans cet ensemble, nous souhaitons accorder une place centrale aux récits de soi contraints par les conditions et le contexte de leur énonciation. Soit les adresses à l’autorité et l’ensemble des récits produits à l’intention des intermédiaires et acteurs de « l’entre-deux » qui jalonnent la trajectoire migratoire.
- Les adresses à l’autorité
Les adresses, et plus généralement les récits biographiques produits dans le cadre des procédures liées aux droits et aux statuts, construisent une autre histoire du politique. Ils en écrivent un récit « par en bas », qui la complète, la nuance et permet de confronter l’édiction des normes et des règles à leur mise en œuvre.
- Faire place aux intermédiaires
Sous le terme d’intermédiaire, nous voulons accorder une place spécifique aux acteurs de l’entre-deux, soit ceux qui agissent et écrivent pour les migrants, ou en leur nom, tout au long des trajectoires migratoires. Ils peuvent être des porte-parole, ou des proches qui jouent un rôle d’intercesseur. On inclura aussi dans cet ensemble traducteurs et interprètes, les écrivains publics ou les agents au guichet. On peut y ajouter les passeurs et tous ceux qui interviennent dans l’économie de la migration légale ou non, ceux qui gèrent les lieux de passage, d’attente et de contraintes, les associations d’aide aux migrants et aux réfugiés, les médecins également. Tous peuvent à la fois faire récit, ou en être le destinataire.
- Faire entendre le silence ou les récits empêchés
Faire entendre les récits, sans réussir à saisir ceux qui sont empêchés, les mémoires trouées, les paroles inaudibles, c’est prendre le risque de retomber dans une histoire linéaire et sûre d’elle-même. Il faudrait donc aussi écrire cette histoire par son hors champ, là où se tiennent ceux qui sont restés invisibles et inaudibles. En ce domaine, nous proposons de faire le détour par les travaux qui portent sur le trauma, sur l’indicible, sur la violence que peut signifier l’obligation de faire récit pour répondre aux injonctions et processus administratifs, et sur ses conséquences – silences, dissimulation, invention, etc.
- Écrire des lieux, jouer des échelles
Nous entendons réfléchir à ces narrations dans la dynamique des jeux d’échelle. Les récits de migration construisent toujours des récits de lieux : espaces liminaires (entrée sur le territoire mais aussi consulats) ; guichets ; lieux de transit et d’attente ; lieux de contrainte et d’internement, etc.
- Anonymes et figures connues
La question des récits des migrants et réfugiés s’inscrit dans la volonté de faire entendre ceux que l’on nomme « les sans voix », souvent laissés à l’écart d’une histoire des politiques publiques et de leur construction. Mais nous souhaitons également reprendre l’histoire d’un certain nombre de figures connues, en écrivant une autre biographie à partir de leur statut de migrant ou de réfugié.
- Récits de migrants, récits de migration
Il nous semble important de ne pas nous cantonner aux récits qui diraient la seule expérience migratoire. Dans ce cadre, nous proposons d’aller explorer des archives qui ne sont pas constituées par la migration. Nous souhaitons ainsi faire exister les migrants autrement, dans leurs regards posés sur les sociétés traversées, sur les « voisins » ou les contextes politiques. Nous souhaitons aussi signaler, par ce biais, la pluralité des identités et esquisser une histoire plus intime de la migration.

Modalités de soumission des propositions
Ce numéro d’Hommes et migrations est ouvert à l’ensemble des disciplines et des aires géographiques (pays de départ, de transit ou d’arrivée). Du point de vue de la chronologie, nous souhaitons pouvoir couvrir l’ensemble de la période contemporaine, depuis le début du XIXe siècle. Les articles portant sur la période d’avant 1945 sont notamment les bienvenus.
Les propositions feront l’objet d’un texte de 1000s environ. Il indiquera la thématique retenue, les sources utilisées (archives, entretiens etc.) et une courte bibliographie (5 à 10 titres principaux).
Les auteur·es, dont la proposition aura été choisie, devront remettre un texte d’environ 30 000s, pour début mars 2021.
Les propositions sont à envoyer à cette adresse pour le 20 juillet 2020 au plus tard.

Voir l’appel complet.


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