Nathalie Heinich
Nathalie Heinich, Le Bêtisier du sociologue, Paris, éditions Klincksieck, Coll. Hourvari, 2009, 150 p.
Nous autres sociologues sommes payés pour être intelligents. Ce qui ne nous empêche pas, à l’occasion, de dire des bêtises… Ce livre tente d’en répertorier les raisons : depuis le goût pour les généralités jusqu’au souci de défendre ses opinions, qui fait parfois déraper les « intellectuels engagés », en passant par la croyance aux arrière-mondes complotant dans notre dos, les erreurs de raisonnement, voire les manipulations rhétoriques qui embrouillent leurs auteurs autant que leurs lecteurs. Il y a même, paradoxalement, le désintérêt pour le réel, qui fait détourner pudiquement les yeux au passage des faits ; et aussi, plus profondément, la peur d’être seul, qui incite à penser « comme nous »… Le lecteur intéressé par les chausse-trappes de la pensée trouvera dans ce petit répertoire beaucoup d’exemples, mais pas de noms, du moins d’auteurs vivants : car on peut éviter d’être bête sans pour autant devenir méchant.
Nathalie Heinich est membre de l’AISLF.