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Le récit d’enquête. Usages et fonctions en sciences sociales du sport

27 mai 2021

L’Université d’Artois organise une journée d’études sur le thème « Le récit d’enquête. Usages et fonctions en sciences sociales du sport » qui se tiendra à Arras mais également en ligne.

Centrale pour les anthropologues, la question des rapports qu’entretient le.la chercheur.e avec son terrain et ses enquêtés a pénétré depuis, l’ensemble des sciences humaines et sociales. Comme le rappelait Pierre Bourdieu (1993), ces dynamiques interpersonnelles ont la dimension d’« une relation sociale qui exerce des effets (…) sur les résultats obtenus », invitant ainsi les chercheurs à se soumettre à l’exercice de réflexivité. En effet, qu’il.elle fasse une étude immersive et prolongée du « lointain » ou qu’il.elle rencontre plus ponctuellement et « chez soi » (Bensa, 2006) l’altérité, le.la chercheur.e ne peut guère faire l’économie des questions d’ordres méthodologique, épistémologique, éthique et politique relatives à sa démarche de recherche (Beldame et Perera, 2020 ; Perera et Beldame, 2016).

Cela revient d’abord à interroger les intentions qui gouvernent le « choix » de son objet. Ce dernier relève bien souvent d’un choix « opportuniste » (Waquant, 2001), quand d’autres sont persuadés, au début de leurs enquêtes, qu’une grande familiarité avec le terrain investigué constitue un « capital d’autochtonie » (Retière, 2003) favorable à la suite de leurs recherches. Sans céder aux sirènes de « l’illusion biographique » (Bourdieu, 1986), certain.e.s sont parvenus à analyser de façon heuristique leur rapport plus ou moins intime à l’objet. Cela revient aussi à objectiver les conditions techniques et sociales dans lesquelles s’est déroulée son enquête et les conséquences que ces dernières ont pu avoir sur les savoirs produits. Négocier son terrain, son ou ses rôles, ses places et statuts. Se justifier, mettre en scène sa présentation et son histoire, la répéter à la demande. Impacter la relation d’enquête par ce que l’on est, ce que l’on montre, ce que l’on représente, ou encore ce que les autres croient qu’on est. Faire évoluer la frontière plus ou moins poreuse, plus ou moins visible, entre les enquêtés et l’enquêteur.rice, entre engagement et distanciation (Elias, 1983). Justifier son intérêt pour l’objet ou le terrain enquêtés quand d’autres chercheurs se bousculent et entrent parfois en concurrence sur des terrains surinvestis ou des objets convoités. Partager des expériences marquantes, à risque ou encore relevant de l’intime avec les enquêtés. Restituer les analyses aux enquêtés au risque de l’ignorance, de l’incompréhension ou de l’instrumentation. Commettre des maladresses, éprouver des émotions ou encore l’inconfort de la posture ethnographique.

Autant d’expériences d’enquête qui peuvent nous affecter (Favret-Saada, 1977), nous prendre dans diverses formes de relations intersubjectives pouvant porter à conséquences et qui participent donc, d’un travail réflexif essentiel au déroulement d’une recherche.

Cette journée d’études se tiendra le 27 mai 2021 à l’Université d’Artois, à Arras, à partir de 8h30. Pour y assister en présentiel, il est obligatoire d’envoyer un mail à oumaya.neys@univ-artois.fr.

Vous pouvez également assister à la manifestation à distance via Zoom à partir de 8h40, caméra et micro coupés. Pour cela, il suffit également d’envoyer un mail à oumaya.neys@univ-artois.fr, puis de vous y connecter via le lien suivant.

Pour plus d’informations, consultez le programme complet avec les résumés des communications.


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