AISLF

Appels à communications

Les vulnérabilités au travail : Regards croisés des sciences sociales en Europe

14 octobre 2020

Dans le cadre d’un colloque pluridisciplinaire et international, organisé par le Centre Emile Durkheim (UMR 5116) et le CEREP (EA 4692), qui aura lieu à Bordeaux les 18 et 19 mars prochains, un appel à communications est lancé sur la thématique : « Les vulnérabilités au travail : Regards croisés des sciences sociales en Europe ».

Date limite de proposition des communications : 14 octobre 2020

Thématique
En première acception, la notion de vulnérabilité renvoie à la potentialité d’un être ou d’une chose de se trouver dégradé (Soulet, 2005). Mais alors qu’elle fait l’objet de discussions critiques (Thomas, 2010 ; Soulet, 2014 ; Ravon, 2014), après avoir été largement investi au sein du secteur médico-sociale, elle semble aujourd’hui s’être généralisée au point de faire figure de « nouvelle catégorie d’action publique » (Brodiez-Dolino, 2015). Dans ce contexte, il est possible de s’interroger sur sa réelle contemporanéité, son application aux mondes du travail et de l’emploi, et sa portée heuristique pour les recherches en sciences sociales. Trois échelles d’analyse paraissent pouvoir être distinguées parmi la littérature :
- La vulnérabilité dans le travail, avec des approches qui traitent de la variété des formes et de l’inégale distribution des effets délétères du travail sur la santé des individus (qualité de vie et sécurité au travail, états d’épuisement, suicides, etc.), que l’on parle d’« usure au travail » (Cottereau, 1983 ; Hatzfeld, 2006), de « souffrance au travail » (Loriol, 2012), ou de « risques psychosociaux » (Gollac & Bodier, 2011).
- La vulnérabilité de l’emploi, envisagée traditionnellement autour du risque de perdre son emploi, par opposition à l’employabilité renvoyant aux chances d’en retrouver un (Ledrut, 1966), organise l’inégale répartition d’accès à l’emploi et aux ressources ou aux protections sociales qu’il permettrait d’accumuler.
- La vulnérabilité professionnelle, enfin, entendue comme l’ensemble des menaces pesant sur l’organisation et le fonctionnement d’un groupe professionnel dans son ensemble (Champy, 2011, p. 210-217).
À ces trois niveaux, qui ne sont pas étanches les uns aux autres mais qui peuvent se croiser ou se cumuler, il faut encore ajouter l’effet des caractéristiques individuelles, le poids des conjonctures et les conséquences de crises sanitaires et/ou environnementales. De même, ces vulnérabilités sont largement dépendantes de l’histoire et de l’appareil normatif structurant les systèmes nationaux d’emploi et d’organisation du travail (Bazillier et al., 2014 ; Greenan & Seghir, 2017), qui contribuent à redéfinir les rapports dans et au travail. Enfin, il convient de se départir de l’illusion substantive que pourrait donner le recours au terme de vulnérabilité.
Face à une telle complexité, l’objet de ce colloque international sera de réinterroger ces grands axes de réflexion à l’échelle européenne et d’élaborer des problématiques nouvelles au prisme d’un croisement des regards portés par les sciences sociales dans leur diversité (anthropologie, droit, économie, histoire, sciences politiques, sociologie, etc.). Par ailleurs, au-delà d’une analyse des déterminants de la vulnérabilité et de la diversité de ses formes, les contributions attendues pourront, non seulement, traiter des actions et des dispositifs visant à remédier ou à prévenir ce spectre des vulnérabilités au travail, mais aussi, interroger comment la « vulnérabilité » est une catégorie produite par le travail. En définitive, il s’agira ainsi de questionner les conditions de pertinence de la notion de vulnérabilité.

Modalités de soumission des propositions
Afin de favoriser la richesse du croisement des regards, les travaux attendus peuvent se situer à différentes échelles d’analyse (historiques, territoriales, sectorielles, interprofessionnelles, etc.), mobiliser plusieurs types de données (quantitatives, entretiens, archives, etc.) et émaner de chercheurs et chercheuses représentant l’ensemble des disciplines en sciences sociales : sociologie, histoire, sciences de l’éducation, sciences politiques, économie, droit, anthropologie, etc. Les propositions peuvent également se situer à la croisée de plusieurs thématiques.

Les propositions de communication pourront être rédigée en français ou anglais.
Accompagnées du nom et des coordonnées du ou des auteurs (institution, adresse mail, téléphone), de mots-clés (5 maximum), les propositions préciseront la problématique traitée, la méthodologie de recherche adoptée, les données mobilisées et les principales questions, ainsi que les principaux résultats, qui seront présentés lors du colloque. Elles devront également comporter une bibliographie présentée selon le style Chicago.
Les propositions de communication, d’un maximum de 3.000 caractères tout compris, seront à déposer avant le 14 octobre 2020 sur le site dédié au colloque.

Pour les orateurs, les frais d’inscription – plein tarif – sont de 120 euros pour les enseignants-chercheurs, et de 60 euros pour les doctorants. Ils comprennent les repas du midi, les pauses-café et le cocktail.
Il est par ailleurs rappelé que le comité d’organisation ne prend pas en charge les frais de transport et d’hébergement des participants.

Une publication est prévue à l’issue de ce colloque. Elle fera l’objet d’un appel à contribution et les décisions de publication seront soumises à l’évaluation d’un comité scientifique élargi.

Voir l’appel complet.


AISLF : Présentation | Statuts | Déclaration d'éthique | Charte des CR et GT | Mentions légales

ASSOCIATION : Bureau | Annuaire | Adhésion | Cotisation | Partenaires | Rédoc | SociologieS

ARCHIVES : Mémoire | Anciens bureaux | Congrès AISLF


AISLF site version 8.0 | © 2013-2021 Jean-Yves Le Talec pour l'AISLF