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La rubrique « Vient de paraître » annonce la publication de livres récents, dont les auteur·e·s sont membres de l'AISLF. À compter du 1er septembre 2018, cette rubrique est réservée aux adhérent·e·s à jour de cotisation (décision de Bureau de l'AISLF, novembre 2016).
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Vient de paraître

L’aventure de la recherche qualitative Du questionnement à la rédaction scientifique

Stéphanie Gaudet , Dominique Robert

Stéphanie Gaudet , Dominique Robert,L’aventure de la recherche qualitative Du questionnement à la rédaction scientifique, Les Presses de l’Université d’Ottawa, Ottawa, 12 septembre 2018.

Dans ce manuel, la recherche qualitative est présentée comme un processus itératif plutôt que linéaire. Il s’agit du compagnon de voyage idéal pour tout chercheur en sciences sociales afin de le guider du début du processus de recherche qualitative jusqu’à sa toute fin, soit à l’étape de rédaction du mémoire, de la thèse ou du rapport de recherche.

Les auteures proposent une réflexion sur les étapes conceptuelles, méthodologiques et éthiques du processus de création du savoir pour ensuite se pencher sur l’analyse du matériel empirique.

L’ouvrage a d’ailleurs recours à des applications concrètes pour démontrer la manière dont les décisions méthodologiques se traduisent dans la pratique. Malgré l’ouverture et la flexibilité de leur approche, les auteures ne favorisent pas une posture relativiste, mais traitent de l’importance de répondre à des critères de validité explicites et à des écueils à éviter en analyse qualitative.

Style engageant, conseils pratiques, illustrations claires, exemples variés et synthèses composent ce manuel qui vise à concrétiser le processus de recherche qualitative, souvent abstrait pour le chercheur novice.

Stéphanie Gaudet est membre de l’AISLF

Vient de paraître

La gestation pour autrui. Approches juridiques internationales

Marta Roca i Escoda, Véronique Boillet, Estelle de Luze (coor.)

Marta Roca i Escoda, Véronique Boillet, Estelle de Luze (coor.) La gestation pour autrui. Approches juridiques internationales, Anthemis et Helbing Lichtenhahn Verlag, Bâle, 2018.

La pratique de la gestation pour autrui (GPA) n’est pas uniformisée à l’échelle mondiale et varie énormément d’un État à l’autre : certains États la prohibent, d’autres la tolèrent faute de réglementation et, enfin, certains l’autorisent, l’encadrent et la soumettent à des conditions plus ou moins restrictives – en la réservant parfois aux couples hétérosexuels.
Cette diversité nationale n’est pas encadrée par une convention internationale et, comme le souligne le Bureau permanent de la Conférence de la Haye, la majorité des États proposent des solutions ad hoc inadéquates en raison de procédures longues et complexes qui n’offrent que des réponses partielles inadaptées aux cas de GPA.
Face à ce tableau hétérogène, cet ouvrage a pour objectif d’analyser différentes législations et solutions juridiques nationales quant à l’établissement de la filiation issue d’une GPA. Il se compose de l’examen de neuf ordres juridiques nationaux, d’un article analytique sur les typologies d’État et d’une conclusion sociojuridique sur les enjeux actuels relatifs aux sens de la filiation.
Cet ouvrage, qui contient deux contributions en anglais, a vocation à s’adresser tant aux mondes juridique et médical qu’aux sciences sociales et plus généralement à toute personne intéressée par la problématique de la GPA.

Marta Roca i Escoda est membre AISLF

Vient de paraître

Léon Gérin, devenir sociologue dans un monde en transition

Frédéric Parent

Frédéric Parent, Léon Gérin, devenir sociologue dans un monde en transition, Les Presses de l’Université de Montréal, Montréal, novembre 2018

L’auteur s’inscrit dans une longue tradition sociologique au Québec – de Léon Gérin en passant par Jean-Charles Falardeau, Fernand Dumont, Gilles Houle, Nicole Laurin et Nicole Gagnon – et permet sa redécouverte. Il nous montre le cheminement de Léon Gérin, « le premier sociologue cana­dien », en même temps que celui d’une certaine société, comme une trame évolutive de l’individu et de la collectivité dans laquelle il s’active.

Le recours à la correspondance nourrie de Gérin, ainsi qu’à de riches fonds d’archives, nous fait entrer dans le privé, aborder des aspects difficiles à déceler dans d’autres types de sources et reconstituer les réseaux de relations du sociologue. Les connaissances qui en découlent apportent un éclairage qui nous fait mieux comprendre la société québécoise de cette époque, mais aussi d’aujourd’hui.

Frédéric Parent est membre de l’AISLF

Vient de paraître

Dix concepts pour penser le nouveau monde du travail

Daniel Mercure, Mircea Vultur (dir.)

Daniel Mercure, Mircea Vultur (dir.), Dix concepts pour penser le nouveau monde du travail, Presses de l’Université Laval, Québec, 2018.

Au cours des dernières décennies, de nombreux changements économiques, politiques et culturels ont bouleversé la nature du travail, la manière de l’organiser ainsi que la relation d’emploi. Ces transformations nécessitent de revoir, de critiquer et d’actualiser les principaux concepts à partir desquels la sociologie analyse le monde du travail. Dans cet ouvrage, les concepts revisités sont les suivants : salariat, précarité, informalité, conflit, contrôle et organisation du travail, qualification et compétence, rapport au travail, parcours professionnel, insertion professionnelle, temporalités. Chacun des concepts retenus est analysé selon une perspective critique, qui consiste à remettre en question les assises théoriques et empiriques de ceux-ci, et une perspective analytique, qui vise à arrimer ces concepts fondamentaux aux nouvelles réalités du monde du travail.

Daniel Mercure et Mircea Vultur sont membres de l’AISLF

Vient de paraître

L’ère de la victimisation

Michel Messu

Michel Messu, L’ère de la victimisation, L’aube, Paris, 4 octobre 2018

«  Tous ­victimes ? Que nenni ! Pourtant, à se pencher sur l’actualité journalistique, il semblerait bien. À suivre les publications de sciences sociales, également. La “victime” est devenue une catégorie psychopolitique qui a donc envahi la scène de nos images mentales et phagocyté notre lexique pour dire le monde dans lequel nous vivons. Mieux, elle autorise désormais, du moins pour certains d’entre nous, à y recourir pour donner de soi une image toute chargée de positivité. Être ou avoir été “victime”, se présenter comme un “descendant” de victime, hériter des stigmates d’événements historiques producteurs de victimes, sont autant de traits que l’on peut revendiquer dans sa quête identitaire personnelle.  »

Ainsi, un «  grand récit victimaire  » est-il en passe de devenir le discours dominant d’appréhension de notre monde, en lieu et place du «  grand récit  » de la confrontation des classes ? Le sociologue nous interroge et nous alerte.

Michel Messu est membre de l’AISLF

Vient de paraître

L’empreinte anthropologique du monde. Méthode inductive illustrée

Dominique Desjeux

Dominique Desjeux, L’empreinte anthropologique du monde. Méthode inductive illustrée, Peter Lang, Paris, 2018

Quel lien peut exister entre le corps des mines en France dans les années 1960, le retournement des morts à Madagascar et la sorcellerie au Congo dans les années 1970, la grande distribution en France, les émeutes urbaines dans les banlieues, le bricolage aux États-Unis dans les années 1990, la montée de la classe moyenne chinoise, les usages du SMS en Pologne, les courses au Danemark, la crise économique de 2008 et l’émergence d’une convergence compétitive au XXI ème siècle entre l’Occident et l’Asie depuis le début des années 2000, etc. ? Et pourtant tous ces éléments de la vie quotidienne des consommateurs, des entreprises, des administrations ou des citoyens sont reliés par le fil invisible de la mondialisation. Tout cela prend sens au moment où il apparaît qu’une nouvelle classe moyenne mondiale de consommateurs est en train d’émerger et de transformer l’ensemble du jeu des forces sociales qui traversent toutes les sociétés. Ce livre présente une méthode inductive en action, telle qu’elle a été mise en pratique pendant près de 50 ans d’enquêtes de terrain qualitatives dans les champs, les bureaux, les trains, les cuisines, les salles de bain ou les livings, et tout cela en Europe, en Asie, en Afrique, aux États-Unis et au Brésil. L’auteur promeut une nouvelle anthropologie de la modernité pour montrer que tout ce qui relève de la vie en société, du marché, de la
famille ou de l’individu n’est pas observable en même temps. Il faut changer d’échelle d’observation pour les voir apparaître ou disparaître en fonction de la focale choisie. La compréhension du monde demande une connaissance mobile.

Dominique Desjeux est membre de l’AISLF

Vient de paraître

Organiser l’autonomie au travail – Travail collaboratif, entreprise libérée, mode agile… L’activité à l’ère de l’auto-organisation

Pascal Ughetto

Pascal Ughetto, Organiser l’autonomie au travail – Travail collaboratif, entreprise libérée, mode agile… L’activité à l’ère de l’auto-organisation, éditions FYP, Roubaix, 2018.

Quel que soit le secteur d’activité, le travail exige désormais d’accorder plus d’autonomie aux collaborateurs, tant internes qu’externes. Le système hiérarchique classique est supprimé, et chacun a la liberté d’organiser son temps de travail et de déterminer ses objectifs.

Ce travail d’enquête et de synthèse passe au crible toutes les nouvelles théories managériales et apporte des réponses concrètes à tous ceux qui mettent en place leur transformation digitale — depuis les organisations jusqu’aux indépendants — et sont pris par l’urgence de faire évoluer les modes de travail. Pascal Ughetto fournit un cadre à la fois théorique et pratique qui permet de comprendre et de mettre en place les meilleures organisations pour le travail de demain :

Que signifie l’autonomie ? EL’« activité de travail » a-t-elle besoin d’organisation et de contrôle ? Comment allier bien-être au travail et productivité ? Se dirige-t-on vers une disparition des cadres intermédiaires et du management ? Qu’est-ce que l’entreprise libérée ? Qu’est-ce que le mode agile ? Comment donner ou prendre de l’autonomie ? Comment organiser les métiers de demain ? Que faire lorsque la majorité des salariés en France n’est pas prête à basculer dans l’autonomie, voire ne le souhaite pas ?

Cet ouvrage fournit des réponses concrètes et pratiques pour les DRH et les entreprises qui veulent adopter de nouvelles méthodes d’organisation du travail, ainsi que pour les TPE et les travailleurs autonomes.

Pascal Ughetto est membre de l’AISLF

Vient de paraître

Refondations nationales au Canada et au Québec

Simon Langlois

Simon Langlois, Refondations nationales au Canada et au Québec, Québec, Septentrion, 2018

Le Canada et le Québec se sont engagés dans des entreprises distinctes de refondation nationale dans la seconde moitié du XXe siècle. Simon Langlois témoigne, dans une série de courts essais, des débats qui ont eu cours dans le dernier demi-siècle sur la question nationale au Canada, au Québec et dans les nations amérindiennes.

Le Canada s’est éloigné de l’univers binational rêvé par les élites franco­­phones dans les années qui ont suivi l’avènement de la Confédération cana­dienne en 1867 pour devenir une nation multiculturelle valorisant la diversité.

Le Canada français a connu un important fractionnement d’où ont émergé la nation québécoise, les communautés franco-canadiennes et l’Acadie comme autant de références nationales.

Simon Langlois montre comment le projet d’indépendance nationale au Québec, porté par une génération politique, est arrivé dans une impasse, notamment parce que la société québécoise s’est imposée avec succès comme société distincte francophone au sein du Canada

Simon Langlois est membre de l’AISLF

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Regards sur la ville. Échanges et réflexions à partir de Liège

Rachel Brahy, Élisabeth Dumont, Pierre Fontaine, Christine Ruelle (dir.)

Rachel Brahy, Élisabeth Dumont, Pierre Fontaine, Christine Ruelle (dir.), Regards sur la ville. Échanges et réflexions à partir de Liège, Liège, Presses Universitaires de Liège, octobre 2018

Regarder la ville. Encore. Inlassablement. Se laisser traverser par ses images, démultiplier les regards. Après tout, comme l’écrivait Baudelaire, « la forme d’une ville change, hélas, plus vite que le cœur d’un mortel ».
Prenant au sérieux l’enjeu de la fabrique quotidienne de la ville, cet ouvrage assemble des lectures décalées où le décryptage des mots s’offre comme autant de « paires de lunettes » successives. Vingt-trois acteurs de terrain et chercheurs « liégeois » aux compétences diverses ont été invités à dialoguer par groupes de deux ou trois pour produire les différents chapitres qui composent ce volume. De manière inédite, il leur a été demandé de partager leurs points de vue. Ceux-ci constituent des éclairages croisés sur des problématiques urbaines à la fois localisées et plus générales. Les récits et analyses portent sur neuf qualités régulièrement attendues et entendues d’une ville contemporaine « digne de ce nom », à savoir la ville 1) co-produite, 2) inclusive, 3) multi- interculturelle, 4) créative, 5) artistique, 6) commerçante, 7) dense, 8) intelligente ou 9) verte. À travers ces qualificatifs qu’ils interrogent, déconstruisent ou débattent, les auteurs abordent de nombreux aspects transversaux de la « fabrique de la ville » : le pouvoir, l’argent, l’identité et les identités, l’accessibilité, les échelles d’intervention… Le tout se réfère à des réalités et des enjeux considérés comme pertinents pour l’aire urbaine de Liège. Cette entreprise singulière d’analyse et d’écriture donne donc à voir (et à revoir) des mots et une ville en perpétuelle mutation.

Rachel Brahy est membre AISLF

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Ce que n’est pas l’identité

Nathalie Heinich

Nathalie Heinich, Ce que n’est pas l’identité, Paris, Gallimard, 27 septembre 2018

L’identité n’est ni une notion molle, signifiant tout et n’importe quoi ni, à l’opposé, une réalité substantielle qu’il suffirait d’observer. S’appuyant sur la compilation de nombreux travaux produits dans différents domaines (anthropologie, sociologie, psychologie sociale, psychanalyse, histoire), cet ouvrage de synthèse montre qu’il s’agit d’une expérience à la fois importante et dûment structurée, ainsi que d’une notion parfaitement utilisable. Mais il faut pour cela s’abstenir de réduire la question de l’identité à un camp politique, ou à la seule dimension de l’identité nationale, ou encore à une conception essentialiste et unidimensionnelle : ce pourquoi la meilleure façon de comprendre l’identité est d’en passer par ce qu’elle n’est pas. Au terme d’une telle analyse, la notion d’identité apparaît comme non seulement compréhensible mais utile, en tant qu’elle permet de mettre en évidence les conditions d’une cohérence de soi dans les différents régimes d’existence, du plus individuel au plus collectif.

Nathalie Heinich est membre de l’AISLF

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Quand les jeunes parlent d’injustice. Expériences, registres et mots en Tunisie

Imed Melliti, Hayet Moussa (dir.)

Imed Melliti et Hayet Moussa (dir.), Quand les jeunes parlent d’injustice. Expériences, registres et mots en Tunisie, Paris, L’Harmattan, 2 octobre 2018.

Cette enquête a pour ambition de cerner les figures et les formes d’injustice qui suscitent le plus d’indignation et de frustration, et de déterminer les registres autour desquels se construit aujourd’hui en Tunisie, notamment chez les jeunes, la frontière entre « le juste » et « l’injuste ». C’est cette « compétence » ordinaire, chez les jeunes en Tunisie, à dire « le juste » et à critiquer les formes d’injustice que cet ouvrage entend modestement explorer.

Imed Melliti est membre de l’AISLF

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Savoir écrire en sociologie et dans les sciences sociales.

Jacques Hamel

Jacques Hamel, Savoir écrire en sociologie et dans les sciences sociales, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 18 septembre 2018.

À l’heure où la sociologie comme discipline est mise en cause, du fait qu’elle est davantage littérature que science, cet ouvrage a pour but de discuter ouvertement de son statut et de montrer le rôle crucial qu’y jouent le langage et l’écriture. Ceux-ci sont en effet les seules ressources dont dispose le sociologue pour donner et communiquer les connaissances explicatives produites au nom de la discipline.

Jacques Hamel est membre de l’AISLF.

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Sociologie dans la cité. Comprendre, expliquer, critiquer

Jan Spurk

Jan Spurk, Sociologie dans la cité. Comprendre, expliquer, critiquer, Vulaine sur Seine, Éditions du croquant, 15 septembre 2018.

La sociologie est située dans la société et dans la cité ; elle en fait partie. Elle contribue à la compréhension, à l’explication, ainsi qu’à la critique du monde au sein duquel nous vivons. Elle n’a rien d’un exercice académique ; elle est constituée d’interventions dans la cité.
Prendre la parole, même devant le public très restreint d’une petite réunion, est une intervention dans la cité. Une prise de position publique n’est jamais neutre. Elle engage son auteur et son public. Elle est toujours normativement orientée, une orientation que les théories critiques revendiquent et formulent explicitement : vivre dans une société plus juste, plus libre et plus raisonnable que la nôtre.

Jan Spurk est membre de l’AISLF

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La crise de l’accueil des réfugiés de 2015. Une pathologie du modernisme.

Nader Vahabi

Nader Vahabi, La crise de l’accueil des réfugiés de 2015. Une pathologie du modernisme., Paris, L’Harmattan, 21 septembre 2018.

En quoi le flux migratoire de 2015 constitue-t-il une crise ? Pourquoi tant de réfugiés se sont-ils dirigés vers l’Europe ? Quelle place y occupe la Méditerranée et comment les pays du vieux continent réagissent-ils face à des personnes prêtes à prendre le risque de payer de leur vie le coût de leur déplacement ? En quoi mondialisation et migration sont-elles intrinsèquement liées à la modernité ?
Dans le cadre d’une approche socio-historique, cette étude montre que face à une impasse politique, juridique et philosophique concernant la migration, nous assistons à une crise européenne de l’accueil migratoire, sorte de néo-racisme culturel et de pathologie du modernisme qui s’inscrit dans la continuité de dérives comme l’envahissement de nouveaux mondes, la traite négrière ou le colonialisme.

Nader Vahabi est membre de l’AISLF.

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Exister par écrit. Essai sur l’identification en culture de l’écrit.

Claudine Dardy

Claudine Dardy, Exister par écrit. Essai sur l’identification en culture de l’écrit., Paris, L’Harmattan, 7 septembre 2018.

Naître et mourir, des évènements ordinaires qui s’inscrivent dans des registres officiels. Quelle est la portée pour chacun de nous de cette écriture officielle produite par un système d’État Civil ? Doit-elle donc offrir une pleine traçabilité personnelle assurant une totale transparence des liens biologiques, sociaux, juridiques ? Jusqu’où peut et doit opérer cette écriture officielle ? Que recouvre une officialité conçue comme garantie d’État ?
Ces inscriptions d’État civil contraintes sont aussi protectrices et sources de droits. Il se pourrait cependant que l’obsession de la trace et de la transparence participe d’une confusion montante entre traçabilité et identification confisquant la lente élaboration des histoires personnelles, familiales, collectives tout en sacralisant origines et racines.
L’intention est d’explorer quelques facettes de cette écriture officielle de l’État civil sur les terrains de la sociologie mais aussi à travers une histoire singulière, celle d’une femme qui refusa de se faire connaître au siècle dernier et qui réussit si bien qu’elle ouvrit à ses fille et petite-fille le champ des possibles, une forme d’état incivil. Celui-là même exercé, comme par ironie, par le peuple grandissant et âgé des troublés de la mémoire et de toutes les filiations.

Claudine Dardy est membre de l’AISLF

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La longue marche des tirailleurs sénégalais, de la grande guerre aux indépendances

Pierre Bouvier

Pierre Bouvier, La longue marche des tirailleurs sénégalais, de la grande guerre aux indépendances, Paris, Belin éditions, 10 avril 2018.

Les tirailleurs dits « sénégalais » sont montés au front, aux cotés des poilus de métropole. Ils sont près de 200 000 à combattre, 30 000 a mourir sur les champs de bataille de la Grande Guerre.
Durant ce premier XXe siècle, leur expérience du front, le contact brutal avec des puissances fragilisées par la guerre, ont profondément modifié leur rapport à la métropole.
De retour en Afrique, ces tirailleurs joueront un rôle majeur dans les courants anticoloniaux.
Ils seront encore près de 150 000 mobilisés durant la Seconde Guerre mondiale.
Leur histoire est largement oubliée, leurs engagements en Afrique même sont encore méconnus.
Pierre Bouvier fait le récit de leur enrôlement parfois violent, de leur démobilisation, de leur retour sur leur sol natal et de leur rôle déterminant dans la marche vers les indépendances.

Pierre Bouvier est membre de l’AISLF


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