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La rubrique « Vient de paraître » annonce la publication de livres récents, dont les auteur·e·s sont membres de l'AISLF. À compter du 1er septembre 2018, cette rubrique est réservée aux adhérent·e·s à jour de cotisation (décision de Bureau de l'AISLF, novembre 2016).
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Vient de paraître

L’honneur, c’est dire « non ». Place d’un principe dans la société contemporaine

Julie Alev Dilmaç

Julie Alev Dilmaç, L’honneur, c’est dire « non ». Place d’un principe dans la société contemporaine, Vulaines sur Seine, Éditions du Croquant, mars 2020.

Les mouvements sociaux portés par la jeunesse qui ont émergé ces dix dernières années ont remis au goût du jour une notion considérée comme dépassée : l’honneur. L’honneur évoque, selon les époques, un principe chevaleresque, une passion patriotique ou un terme propre aux populations du bassin méditerranéen. Il tend à s’imposer aujourd’hui comme un concept « brandi » par les individus pour dénoncer les conditions sociales qui les asservissent.
Le sentiment d’indignation est d’autant plus fort qu’il répond au désenchantement des individus face au monde qui les entoure : marasme politique, mondialisation, monde de plus en plus rationalisé et tourné vers le profit, absence de perspectives d’avenir... Pour résister à la déchéance sociale et morale qui les guette, les individus vont alors mobiliser « la seule chose qui leur reste », à savoir leur honneur, pour dire « non » aux injonctions de la société marchande et aux corruptions afin de reprendre le contrôle de leur existence.
L’honneur semble ainsi acquérir une nouvelle dimension : il cristallise les indignations et insuffle un élan libérateur. Ce sentiment de révolte face à un monde d’injustices gagne de nombreux pays. Dans cet ouvrage issu de sa thèse de sociologie, c’est à la lumière d’interviews avec des jeunes français et turcs que l’auteure s’efforce de cerner l’évolution sociale de la référence à l’honneur, face à des situations qui portent atteinte à la dignité humaine et dont ils souhaitent s’émanciper. Si l’honneur était jusqu’ici empreint de la culture dans laquelle il était invoqué, il semble s’universaliser pour devenir une notion qui fait écho aux souffrances des populations du monde entier.

Julie Alev Dilmaç est membre de l’AISLF.

Vient de paraître

Naissance d’un peuple européen nomade. La route cosmopolite de la mondialisation par le bas de la Turquie au Maroc par les Balkans et le levant ibérique

Alain Tarrius (dir.)

Alain Tarrius (dir.), Naissance d’un peuple européen nomade. La route cosmopolite de la mondialisation par le bas de la Turquie au Maroc par les Balkans et le levant ibérique, Perpignan, Édition Trabucaire, avril 2020.

Années 1980 : sur la scène publique des « beurs, orphelins de la République » succèdent à leurs pères Algériens immigrés depuis 1962, peu visibles. Échappés au regard, au contrôle, à la soumission étatique nombre de ces « pères disparus » ont développé des initiatives commerciales transnationales, pour alimenter de vastes marchés souterrains en France, en Italie, en Allemagne, Belgique et Pays Bas, puis en Espagne tout en renforçant leurs liens avec le Maghreb.
Après 1990, les Algériens d’Europe, qui subissent les contre-coups de la guerre civile en Algérie se replient vers des micro marchés locaux alors même que se déploie la grande migration marocaine : plus d’un million de personnes créant toutes sortes de réseaux européens pour se loger, travailler... reprennent les activités commerciales transfrontalières des Algériens, avec des logistiques plus souples et diversifiées. C’est au début des années 2000 qu’ils rencontrent les cohortes afghanes, géorgiennes, russes et ukrainiennes de transmigrants de l’Est œuvrant pour les fabriques du Sud Est Asiatique en négociant en « poor to poor » c’est à dire « par les pauvres pour les pauvres », hors taxes et contingentements, des produits électroniques.

Plus de deux cent mille circulants forment aujourd’hui, avec plusieurs millions de résidents, une société cosmopolite en mouvement le long de l’Europe méridionale, mêlant les collaborations entre diversité des origines et des religions, susceptible de modifier les équilibres locaux. Afin de comprendre les formes et les contextes de ces déploiements Alain Tarrius, a sollicité les contributions de seize chercheur.e.s sociologues, anthropologues, géographes, historiens, économistes, spécialistes des économies souterraines et des migrations tout au long du territoire des circulations « entre pauvres » des transmigrants.

Alain Tarrius est membre de l’AISLF.

Vient de paraître

Les outils des sociologues. Une sociologie de la connaissance sociologique

Francis Farrugia et Antigone Mouchtouris

Francis Farrugia et Antigone Mouchtouris (dir.), Les outils des sociologues. Une sociologie de la connaissance sociologique, Paris, L’Harmattan, mai 2020.

Cet ouvrage rend compte des derniers travaux émanant des recherches menées par un groupe de recherche dans le cadre du Réseau thématique Sociologie de la connaissance de l’Association française de sociologie et du Comité de recherche de même nom, créé par Georges Gurvitch en 1957, au sein de l’Association internationale des sociologues de langue française.
Ces recherches prolongent celles qui ont fait l’objet en 2018 d’un livre collectif intitulé La pensée des sociologues. Catégorisation, classification, identification, différenciation et reconnaissance. Un palier plus profond est ici exploré par les différents contributeurs de cet ouvrage, mettant à jour un certain nombre de concepts-outils innovants œuvrant au cœur de la pratique sociologique.

Francis Farrugia et Antigone Mouchtouris sont membres de l’AISLF.

Vient de paraître

L’école maternelle de la performance enfantine

Ghislain Leroy

Ghislain Leroy, L’école maternelle de la performance enfantine, Bruxelles, PIE - Peter Lang, février 2020.

Que cherche-t-on à faire des enfants dans l’école maternelle d’aujourd’hui  ? Quelles sont les caractéristiques actuelles de cette instance de socialisation  ? En posant ces questions, Ghislain Leroy fait le choix original de reprendre le questionnement des sociologues pionniers de l’école maternelle (Dannepond, Plaisance, Chamboredon et Prévot) pour l’appliquer à l’époque contemporaine.

Après avoir visé les connaissances, l’effort et l’application (années 1950), puis l’expressivité enfantine (années 1960-1970), l’école maternelle serait aujourd’hui régie par une recherche de performance. Les nouvelles politiques publiques (new public management) ont entraîné un profond remaniement des programmes et de la professionnalité des professeur(e)s des écoles. Ces nouvelles exigences de rentabilité scolaire ont modifié les pratiques et choix pédagogiques ordinaires. Elles ont donné naissance à de nouvelles exigences disciplinaires, cognitives, émotionnelles et de maîtrise corporelle. Elles sont autant de déclinaisons d’un nouvel idéal : l’enfant performant car hautement autonome et responsable de lui-même.

Articulant les sociologies de l’enfance et des enfants à la sociologie des inégalités socio-scolaires, l’auteur montre aussi combien ces nouvelles attentes s’avèrent défavorables aux enfants de milieu populaire. Elles présupposent des comportements qu’ils n’ont pas appris dans leur milieu d’origine. Ils sont les outsiders de cette temporalité de l’urgence. L’étude se clôt par une analyse du succès récent de la pédagogie Montessori en maternelle, qui ne paraît pas remettre en cause ces définitions de l’enfance actuellement dominantes, bien au contraire.

Ghislain Leroy est membre de l’AISLF.

Vient de paraître

La cadre-analyse d’Erving Goffman. Une aventure structuraliste

Nathalie Heinich

Nathalie Heinich, La cadre-analyse d’Erving Goffman. Une aventure structuraliste, Paris, CNRS Éditions, mars 2020.

Erving Goffman (1922-1982) compte parmi les grands sociologues de langue anglaise. Asile, Stigmates, La mise en scène de la vie quotidienne, ses ouvrages les plus connus, prennent pour objet l’interaction dans l’expérience ordinaire. Les cadres de l’expérience (1974) s’attache également aux situations les plus banales, mais dans une problématique différente : celle de la structure de l’expérience de la vie sociale, analysée à travers les principes d’organisation qui nous permettent de définir une situation, c’est-à-dire de répondre à la question «  Que se passe-t-il ?  ». Ces principes sont ce que Goffman nomme des «  cadres  », grâce auxquels l’individu peut reconnaître un événement puis adapter sa conduite. Cadres naturels, sociaux, primaires, transformés, en forme de modes ou de fabrication : leur agencement obéit à une véritable grammaire, que nous maîtrisons plus ou moins sans en avoir conscience.
Après avoir présenté en détail ce modèle, Nathalie Heinich analyse les réactions qu’il a suscitées dans la sociologie américaine, puis elle le met à l’épreuve de plusieurs exemples : un film de Truffaut, le Pont-Neuf de Christo, la corrida, le canular en art, l’édification contemporaine d’un château médiéval… Ce livre propose ainsi la première présentation en français d’un ouvrage largement méconnu dû à un sociologue majeur.

Nathalie Heinich est membre de l’AISLF.

Vient de paraître

Le Pont-Neuf de Christo. Ouvrage d’art, œuvre d’art ou comment se faire une opinion

Nathalie Heinich

Nathalie Heinich, Le Pont-Neuf de Christo. Ouvrage d’art, œuvre d’art ou comment se faire une opinion, Vincennes, Éditions Thierry Marchaisse, mars 2020.

Pour retrouver l’effet d’étrangeté que produisit l’emballage du Pont-Neuf, il faut remonter dans le temps, quand Christo était encore peu connu du grand public.

En 1985, le sens d’une entreprise aussi inédite, collective et éphémère, était loin d’aller de soi, en tout cas pour les non-initiés : avait-on encore affaire à un ouvrage d’art – le pont – ou bien à une œuvre d’art ? Comment se faire une opinion ? Et fallait-il même prendre tout cela au sérieux, qui défiait autant le sens commun que la sociologie ?

L’enquête menée à l’époque par Nathalie Heinich permet de s’immerger dans le Paris du premier « effet Christo ». Truffée d’anecdotes savoureuses et de documents originaux, elle offre une introduction remarquablement vivante à la question des frontières de l’art.

Nathalie Heinich est membre de l’AISLF.

Vient de paraître

Malaise dans la culture. Un diagnostic du présent

Francis Farrugia

Francis Farrugia, Malaise dans la culture. Un diagnostic du présent, Paris, L’Harmattan, avril 2020.

Cet ouvrage se propose de dresser un diagnostic du présent, de saisir l’homme de la société démocratique libérale dans sa multidimensionnalité et sa complexité. L’auteur identifie et interprète les forces matérielles, réelles, imaginaires et symboliques qui agissent conjointement sur son corps et sur son esprit et fabriquent en grande part ses émotions, ses sentiments, ses opinions et ses actions. L’analyse sociologique des idéologies est ici renouvelée par le recours à la psychanalyse et à la narratologie.

Francis Farrugia est membre de l’AISLF.

Vient de paraître

Cinq vies de recherche

Pierre Lassave (dir.)

Pierre Lassave (dir.), Cinq vies de recherche. À la naissance des Archives, Paris, Éditions de l’EHESS, février 2020.

Cet ouvrage retrace les itinéraires intellectuels des cinq « pionniers » à l’origine de la revue Archives de sociologie des religions, née en 1956 et devenue en 1973 Archives de sciences sociales des religions.
Deux d’entre eux, Henri Desroche (1914-1994) et Émile Poulat (1920-2014), sont d’anciens prêtres en rupture d’Église ; deux autres, François-André Isambert (1924-2017) et Jacques Maître (1925-2013), participèrent à la Résistance avant de militer un temps aux côtés du progressisme chrétien. Enfin, Jean Séguy (1925-2007), qui les rejoignit en 1960, avait dû renoncer à une formation dans la Compagnie de Jésus. Tous ont embrassé la science pour faire comprendre et expliquer un objet qui a marqué leur vie. On leur doit d’avoir déconfessionnalisé la sociologie religieuse et instauré un espace interdisciplinaire et comparatiste internationalement reconnu comme « école française de sociologie des religions » dans le triple héritage de Durkheim, Mauss et Weber. Leurs trajectoires croisent celle de la sociologie en France, de sa « seconde naissance » au lendemain de la Libération à sa spécialisation, dans un contexte marqué par l’essor du CNRS et de la VIe section de l’École pratique des hautes études, créée en 1948 et qui deviendra en 1975 l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Issues de plusieurs années de travail collectif coordonné par Pierre Lassave, fondées notamment sur le dépouillement des archives personnelles des chercheurs, ces cinq biographies inédites éclairent d’un jour nouveau l’histoire intellectuelle de la France des Trente Glorieuses. Le tourment existentiel est leur dénominateur commun. Les biographes relèvent de différentes disciplines et générations, offrant ainsi des perspectives complémentaires sur la naissance des sciences sociales des religions.

Pierre Lassave est membre de l’AISLF.

Vient de paraître

Suite buissonnière

Pierre Bouvier

Pierre Bouvier, Suite buissonnière, Paris, Éditions Galilée, février 2020.

Pierre Bouvier présente dans ce texte ses pérégrinations « buissonnières » de la fin des années 1960 au début des années 2000.
Elles dessinent les suites de l’adolescence tardive jusqu’à la maturité, ses fragilités et facondes, et les chemins de traverse empruntés vers une lente insertion dans le monde des adultes, en l’occurrence celui, en filigrane, de l’université.
Sans renier ses aspirations poétiques et picturales, l’auteur-socioanthopologue relate ces parcours erratiques, ceux d’un petit bourgeois marqué par Mai 68, ses persistances et ses défaites prometteuses. Ces dernières sont celles qui se disent d’ailleurs aujourd’hui dans les multiples turbulences qui secouent les continents : des Indignados au Gilets jaunes, des protestataires de Wall Street à ceux de Hong Kong, des foules d’Alger à celles de Santiago du Chili.

Pierre Bouvier est membre de l’AISLF.

Vient de paraître

Contrer les violences dans le couple

Pauline Delage, Marylène Lieber, Marta Roca i Escoda

Pauline Delage, Marylène Lieber, Marta Roca i Escoda, Contrer les violences dans le couple. Émergence et reconfigurations d’un problème public, Lausanne, Éditions Antipodes, mars 2020.

Comment les violences dans le couple sont-elles devenues un objet de politiques publiques en Suisse ? Comment ce problème est-il aujourd’hui traité dans différents cantons ? En se penchant sur les cas genevois, vaudois et zurichois, cet ouvrage montre comment la question a pu évoluer depuis les années 1970 : d’abord pensée en termes de violences conjugales ou de violences faites aux femmes, des termes et des politiques publiques portés par les associations, elle est aujourd’hui envisagée comme des « violences domestiques », une expression qui sous-tend un flou dans la manière de comprendre le rapport entre la violence et les inégalités sexuées. Sans occulter les particularités cantonales, l’ouvrage analyse la lutte contre ces violences, au fil de l’investissement d’acteurs et d’actrices issu·e·s des mondes militants ou institutionnels, mais aussi de la police ou de la santé.

Marta Roca i Escoda est membre de l’AISLF.

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Terrains difficiles, sujets sensibles

Ratiba Hadj-Moussa

Ratiba Hadj-Moussa, Terrains difficiles, sujets sensibles, Vulaines-sur-Seine, Éditions du Croquant, décembre 2019.

Les raisons qui rendent un terrain plus « sensible » ou difficile lorsqu’on le compare à d’autres sont autant d’ordre pratique que contextuel. Quelles sont les limites qui définissent un terrain dit difficile ? Qu’est-ce qui conduit à distinguer entre les tracas et les imprévus potentiels des recherches de terrain en général et ce qui particularise les recherches sur des thèmes sensibles ou des terrains difficiles ? Comment les disciplines des sciences sociales et les théories répondent-elles aux terrains dit dangereux et/ou sensibles ?
Les contributions rassemblées dans cet ouvrage tentent de répondre à ces questions en s’appuyant sur des terrains du Mahreb et sur des sujets liés au Moyen Orient. La difficulté et la sensibilité y sont appréhendées tantôt comme un impensé théorique ou empirique, tantôt comme une répression policière, tantôt comme un silence signifiant ou un interdit moral.
En présentant quelques cas de terrains difficiles ou sensibles, cet ouvrage offre aux chercheurs « quelques ficelles » ou entrées dans les sociétés maghrébines. Ils trouveront en filigrane des analyses fines sur des sujets qui importent et qui sont parmi les enjeux les plus vitaux de ces sociétés.

Ratiba Hadj-Moussa est membre de l’AISLF.


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