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Appels à contributions

Surf Studies : définitions, perméabilité et hybridité

Revue STAPS - Numéro spécial

Date limite de soumission : 1er septembre 2026

Les Surf Studies constituent aujourd’hui un champ de recherche dynamique et en pleine structuration. Longtemps marginalisé dans l’espace académique, le surf s’impose désormais comme un objet d’étude à part entière, mobilisant des approches issues de l’histoire, de la sociologie, de la géographie, de l’anthropologie, de l’ethnologie, de la littérature, des études culturelles, des Gender Studies ou encore des sciences environnementales (Augustin, 1994 ; Guibert, 2021 ; Moser, 2022 ; Swartwood, 2022 ; Falaix, 2024). Penser le surf, c’est interroger à la fois une pratique sportive, une culture, un mode de vie et un espace de relations sociales, politiques et symboliques.

Ce numéro spécial propose d’explorer les surf cultures, en s’attachant à ses dimensions multiples, perméables et hybrides. Aussi, loin d’une définition figée, la surf culture est envisagée ici comme un processus fluide, relationnel et situé, façonné par des codes, des normes, des hiérarchies et des représentations socialement construites (Guibert, 2011 ; Arellano & Espinoza Camus, 2024 ; Goreau-Ponceaud, 2024 ; Moron-Garreau & Bourdeau, 2024 ; Adolin et al. 2025 ; Swartwood, 2025). Dans ce contexte, le surf apparaît comme un terrain privilégié de négociations, de rencontres et de tensions entre traditions et modernités, entre héritages locaux et circulations globales.

D’autre part, la pratique du surf participe à la construction d’identités personnelles et collectives, influençant le rapport au corps, à l’environnement et à l’image de soi. Elle s’enracine par ailleurs dans des histoires longues, souvent marquées par des dynamiques coloniales, raciales et sociales, notamment dans les espaces du surf (Pacifique, Asie, Europe, Afrique, Amériques) (Adolin, 2023 ; Lemarié, 2024). Les surf studies invitent ainsi à repenser les processus de créolisation, de réappropriation culturelle et d’hybridation, tout en questionnant l’existence même d’une « culture surf ».

Les Surf Studies interrogent également les dynamiques d’inclusion et d’exclusion à l’oeuvre dans ce milieu. Malgré des évolutions notables, les femmes et d’autres groupes minorisés demeurent sous-représentés ou confrontés à des formes spécifiques de marginalisation (Nick. & Brown, 2006 ; Krista, 2010 ; Polycarpe & Cruzin, 2023 ; Onken et al., 2024). Les apports des Gender Studies et de l’intersectionnalité permettent d’analyser ces rapports de pouvoir et les transformations contemporaines des normes de genre, de race et de classe dans le surf.

Enfin, les enjeux écologiques contemporains – montée des eaux, réchauffement et acidification des océans, transformations des littoraux – redéfinissent profondément les relations entre les communautés côtières et l’océan (Augustin, 2010 ; Adolin, 2023). Le surf, en tant que pratique intimement liée à la nature, se trouve au coeur de ces recompositions. Il s’agit alors d’interroger la manière dont la pratique se reconfigurent face aux crises environnementales, entre préservation des traditions, innovations techniques et nouvelles formes d’engagement écologique.


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